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Charité bien ordonnée…

  Beaucoup de personnes dont on veut croire qu’elles sont la majorité, essaient tant bien que mal d’être des gens « bien. »

  Ainsi certains se préoccupent de la planète et de l’environnement parmi lesquels les plus sincères et moins démagos ne sont souvent hélas pas ceux qui ont le plus de moyens pour lutter. Parfois même n’ont-ils pas les moyens de la cohérence et doivent-ils faire quelques entorses idéologiques en n’achetant pas un pull en pure laine vierge des Pyrénées à chacun des enfants de leur famille nombreuse par exemple.

  Pourtant certains de ces purs, dévoués corps et âmes à leur cause, négligeront dans le même temps certaines des marques les plus élémentaires de respect à autrui en omettant de prévenir d’un manquement à un rendez-vous pris, s’étonnant même de l’agacement provoqué.

  D’autres, militant pour le respect à la personne, n’auront aucune gêne à abuser des lingettes et emballages plastiques pour tout et n’importe quoi, c’est tellement pratique. Bientôt peut-être, chacun se baladera dans son emballage plastique, étanche et aseptisé.

 Chaque être enfourche son cheval de bataille et aimerait changer les autres à l’aune de ses convictions… où les autres voudraient imposer les leurs.

  Chacun ou presque veut obliger les autres aux prises de conscience qu’il a lui-même faites, parfois depuis peu, sans se demander s’il n’est pas seulement le dernier à les faire et surtout sans se poser de questions sur celles qui manquent encore au champ de sa conscience.

  Chacun n’a de vérité que celle de son présent, qu’il veut universelle et intemporelle, persuadé que si tout le monde était comme lui, il n’y aurait pas de problème (sic.) Comment pourrait-il ne pas y avoir de conflits ou de guerres entre des gens de bonne foi au commencement ?  (Ne parlons pas des manipulateurs d’opinions et autres tricheurs qui ne sont pas le sujet de ce billet.)

  Il suffirait pourtant que l’addict aux emballages plastiques réalisent les conséquences du prix de son confort, que l’écolo de service comprenne qu’il dispose du temps des autres en oubliant l’heure, pour que les deux s’assoient sereinement à la même table pour écouter l’autre afin de se rendre compte de ce que lui peut améliorer pour que tous s’en trouvent mieux.

  Qu’est-ce à dire ?

  Que si chacun ne s’occupait QUE de lui, en s’attachant à chercher ce qu’il peut alléger du poids qu’il impose aux autres sans pour autant donner ce qu’il Est, plutôt qu’à vouloir réguler ce qu’il se croit permis de corriger chez eux, c’est lui-même qu’il libérerait de ses entraves en même temps qu’il les soulagerait du poids de ses exigences pour que tous puissent se rencontrer et… échanger peut-être ?