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De l’ouverture à l’occultisme, de la naïveté et la dictature du bienpensant

  • Tu ne crois pas aux esprits, aux entités, à la réincarnation ? Tu n’es pas très ouvert. Et je sais de quoi je parle, moi qui suis telle que tu me vois ni plus ni moins que la réincarnation d’une dame de la cour proche de Madame de Maintenon, je pourrais t’en dire qu’elle m’a révélé en rêves. Mais tu es si… « rationnel. »
  • Tu manges « encore » de la viande ? Décidemment tu as de gros progrès à faire.
  • Tous ces médicaments que tu prends, ça ne t’embête pas d’être un laboratoire ambulant ? Tu sais qu’en priant et méditant, en allant voir un guérisseur spirituel génial que je connais et qui a du magnétisme, tu pourrais même guérir de ton cancer, sauver ton corps en te laissant pénétrer de cet amour universel dont il est un canal divin, ainsi que ton âme pour tes prochaines vies. Tu ne veux pas ? C’est dommage (j’aurais pu dire que tu allais mieux grâce à moi.)
  • Tu ne parles pas aux morts ? N’as-tu donc pas compris que c’est eux qui te protègent, te préviennent et veillent sur toi ? C’est eux qui te font faire les bons choix, comme pour moi par exemple qui leur parle sans arrêt sans faire tourner de table et n’en suis d’ailleurs… nulle part qu’à essayer de vendre aux autres leur existence parmi nous. Mais si tu n’y crois pas, ne t’étonne pas d’aussi souvent mettre le pied sur un étron.
  • Tu dis croire mais tu en es encore à prier Dieu dans tes croyances obscures et passéistes quand de mon côté j’ouvre mes chakras à Bouddha et tantras : c’est quand même autre chose (comme s’il n’y avait pas d’indiens dans la haute crapulerie capitaliste mondiale, qui plus est des plus gros.)
  • Tu ne penses qu’à l’argent, mon pÔvre ami, que ton chemin est encore long vers les choses vraiment importantes que l’argent n’achète pas ; vois comme je vis simplement, détaché du matériel (que je n’ai jamais été capable d’assurer vu que je ne sais rien faire.)

  Bref, n’est pas ouvert, pour le péquin, quiconque se montre sceptique à ses propres croyances « alternatives » sans jamais qu’il se demande si ce n’est pas lui qui disjoncte un brin.

  Un scientiste est fermé pour qui n’existe rien de ce qui n’a pas de preuve. Un scientifique ne l’est pas qui par définition « ne sait pas » ce qu’il n’a pas encore constaté.

  Plus généralement, celui qui pense savoir n’est plus ouvert à ce qu’il ne sait pas encore. Seul l’est encore à de nouvelles réponses, à une nouvelle connaissance celui qui admet ne pas savoir.

  Pour nous qui en étiomédecine, ne travaillons qu’avec l’abstraction affective (enfin, pour ceux qui y ont compris quelque chose), combien de fois me suis-je demandé et ai-je partagé cette interrogation avec le Dr J-L Brinette (créateur de l’étiomédecine) si nous n’étions pas seulement… fous ? Jusqu’au jour, après pas mal d’années (sympa), où il me répondit qu’il se le demandait encore… et je me le demande toujours, parfois, rarement, mais encore ; mais c’est une question que je ne repousse jamais.

  Alors je suis toujours interloqué par ces gens qui affirment avec des airs entendus tant de certitudes, scientistes ou occultes, sans jamais se demander quels arguments ils veulent ignorer qui n’accréditent pas ce qui les arrange :

  Certitudes de scientistes pour qui n’existe que ce qu’ils savent mais qui n’en sont pas moins honnêtes puisque cohérents avec un ressenti inexistant quant à ce qu’ils rejettent, à moins que la peur n’en motive le déni.

   Certitudes occultes qui trop souvent sont le seul moyen pour des personnes en difficulté avec la matérialité de l’existence et une reconnaissance sociale, de se parer d’une aura plus glorieuse de mystère, de surnaturel, en somme de dépasser grâce à cela ce qui devient commun chez le mortel béotien, fût-il surdiplômé. Combien en voit-on afficher cet air faussement badin, supérieur et entendu d’initiés parce qu’ils parlent de chakras, de mandalas, mantras ou Kundalini, d’entités ou de dialogues avec les anges  à des gens très compétents à vivre… dans leur culture. Mais c’est leur seule occasion de briller… quand ils ne se rendent pas ridicules.

  Fermé n’est pas celui qui n’avale pas sans discernement et esprit critique n’importe quoi de ce qu’on lui affirme qu’il ne ressent pas.

  Mais fermé est celui qui rejette ce qu’il ressent pour ne pas désaccorder la musique qui l’arrange.

  Ouvert n’est pas celui qui soutient des thèses révolutionnaires voire occultes dans lesquelles il peut s’affirmer quelque peu « ésotériquement » ou paraitre en avance sur ceux qu’il peine à suivre d’habitude. S’il ne fait que dispenser un savoir sans connaissance (vécu ressenti), fût-il soutenu par une rhétorique rôdée, s’il ne fait qu’appliquer des recettes ou protocoles appris « par cœur » dont il ne sent pas l’impact à chaque étape, celui-ci n’est pas ouvert, mais un simple bluffeur, un tricheur.

  Mais ouvert est celui qui œuvre chaque jour fort de ses convictions mais qui accueille sans atermoyer ce qu’il ressent de nouveau, quitte à ce que cela bouleverse ses fondements et l’oblige à recomposer sa partition.

  Celui qui ne croit pas en l’étiomédecine (par exemple) parce qu’il ne la ressent pas, n’est pas fermé. Par contre il est honnête et auto cohérent s’il n’en tient aucun compte. Et peut-être sera-t-il touché un jour. Au moins est-il honnête s’il est a conscient… toujours dans l’hypothèse ou l’étiomédecine n’est pas un délire.

  Celui qui ne ressent pas l’aura des arbres peut ne pas y croire sans pour autant être fermé ; il n’est pas ouvert parce qu’il dit y croire sans l’avoir reconnu et ne fait que croire en ce qu’on lui dit.

  Celui qui veut adapter sa vie à ses principes ou à d’autres principes initiatiques ou de bienpensance, n’est pas ouvert s’il ne les ressent pas. Tout juste cherche-t-il parfois à légitimer sa place dans le nombre, parfois à cacher derrière un bouclier collectif de « valeurs » une incapacité à s’impliquer dans un monde de plus en plus hostile.

  La confusion est devenue la norme et convenue entre l’ouverture et la bien pensante projection anthropomorphique de l’Homme parfait, fantasme d’une garantie pour le moins de non agression à défaut de bonheur.

 Être ouvert signifie-t-il croire à n’importe quel délire, rêve, fantasme ou illusion en lesquels romantiques et angélistes aimeraient voir le futur de l’humanité ?

  Ou d’être lucide sur l’état de ce qu’il convient d’améliorer.

  Être ouvert signifie-t-il de considérer avec condescendance ceux qui gèrent le monde avec trop de pragmatisme aux yeux de ces mêmes romantiques ?

  Ou de ne rien ignorer de ce qui peut rendre l’Homme si changeant entre ses vœux pieux et professions de foi et ce qu’il en est des actes qu’il accomplit au final ?

  Combien par exemple de tous ceux qui affichent leur dédain pour les médicaments ne courront pas demain chez leur médecin « normal » ou ne prendront pas rendez-vous chez tel ou tel professeur à l’annonce d’un cancer, lors même que la veille ils préconisaient à d’autres telle médecine naturelle ou spirituelle ? Et on  a bien sûr le droit d’avoir peur.

  Combien de ceux qui s’inquiètent tant de la planète, seraient prêts à se passer de portable ou de batteries pour soulager les malades des mines d’extraction des métaux rares qui meurent de leur besoin d’immédiateté ?

  Combien ne prendraient pas un argent tombé du ciel, qu’ils n’ont su gagner et que leur orgueil dans l’échec leur fait considérer comme sale aux yeux des autres?

  Combien nonobstant la nécessité, ne voleraient ni ne mentiraient ni ne tricheraient pour respecter ces valeurs qu’ils exigent tant des autres ?

   L’Homme ouvert est-il bon plus que l’Homme bon n’est ouvert ?

L’ouverture est-elle vraiment dans le futur et ce qu’on imagine de l’évolution et du progrès (qu’on veut nous vendre)?

  Franchement, à voir le nombre de gens pour qui la finalité de la semaine est l’hystérie d’un match de foot au stade ou à la télé, l’engouement collectif et la ferveur populaire qu’on orchestre autour de pseudo évènements planétaires, eu égard à ceux qui font ce qu’ils sont plus qu’ils ne sont ce qu’ils font, il y a de quoi douter.

  Être ouvert, est-ce tout croire au mépris du bon sens et du discernement ?

  Est-ce croire au virtuel par inaptitude au réel ?

  Est-ce adhérer à tout ce qui arrange ou confère un statut ?

  Être ouvert est-il être naïf ou être naïf est-il être ouvert ?

  À quoi ceux qui pensent les autres fermés parce qu’ils n’adhèrent pas à leurs croyances, mesurent-ils leur ouverture à la pensée des autres qu’ils refusent de comprendre, ayant de leurs croyances fait des certitudes ?

  Et combien parmi eux ne voient-ils pas un monde auxquels ils sont seuls ouverts… puisqu’ils l’ont créé à leur image avec d’autres comme eux ?

  Au lieu de toujours parler du manque d’ouverture des autres, que n’avons-nous pas vu ou ressenti, nous, qui fait leur pensée et pas seulement leurs croyances ?

  Non, ceux qui ne sont pas d’accord avec nous ne sont pas forcément fermés et il convient surtout pour avancer, d’être attentifs à

Ceux qui, tout en n’étant pas d’accord, sont néanmoins ouverts.

À défaut, c’est bien ne pas être ouvert que s’obstiner à les juger fermés.

  N’est-ce pas, fort de sa croyance érigée en dogme, d’être fermé aux autres que se croire plus ouvert qu’eux , qui ne sont ayatollahs de rien?

Car…

… L’ouverture n’est pas une intention, une décision, mais elle est un état! État qui ne peut être permanent car on ne peut rester ouvert à tout, tout le temps à peine de devenir une éponge, de n’avoir aucune défense contre l’inacceptable, de n’avoir plus de libre choix et d’être soumis à toute forme de pouvoir et d’autorité quelle qu’elle soit.

  Comme la grenouille qui opère le triple retrait de sa patte quand on l’excitait à l’école en labo de sciences naturelles, la membrane cellulaire se rétracte sous l’effet de ce qui l’agresse et crée une barrière de protection entre l’extérieur et le milieu intracellulaire :

  C’est l’impossibilité de relâcher cet état de tension réflexe mais défensive qui fait

La fermeture a priori.

  Il est d’ailleurs heureux que cette réaction soit de type réflexe dans la mesure où elle anticipe de beaucoup la réflexion perdue entre le pour et le contre, le choix d’une décision et son application, et sauve souvent de la brûlure ou d’autres conséquences graves, beaucoup de membres, d’organes ou de situations.

  Contrairement à cette image scolaire et infantile qui fait de l’humain la somme d’un corps et d’un esprit, d’une couche superposant l’autre, il est plus cohérent de l’envisager comme la multiplication de l’esprit par autant de cellules dont le corps dispose, l’esprit « habitant » chacune d’elles.

  L’esprit suit donc cette dynamique réflexe et non volontaire de défense par la méfiance, la naïveté, le doute, la suspicion, le scepticisme. Sans défense, il bascule dans la naïveté, la crédulité, l’absence de discernement ou d’esprit critique.

    L’ouverture n’a pas à être une dictature angéliste de la bienpensance ou de la bonne conscience prônée souvent par des gens nantis ou bien à l’abri pour qui la parole est facile.

  L’ouverture n’est pas de croire ou de donner à penser qu’on croit la première niaiserie ésotérique venue pour peu qu’elle se réclame de l’amour ou d’une essence divine.

  L’ouverture n’a pas à être cette obligation d’accepter les arguments des influenceurs ou manipulateurs de masses.

  L’ouverture n’est pas davantage de les réfuter systématiquement sous prétexte de dédain pour les choses matérielles et de vision spirituelle.

  Ces ouvertures-là ne sont que les fermetures à d’autres croyances ou pensées.

  Il faut bien pouvoir, une fois le danger passé, pouvoir relâcher cet état pour ne pas s’isoler et retrouver une communication d’état avec le milieu dans lequel on évolue, pour être à nouveau averti, mais aussi pour ne pas être coupé du monde ou des autres quand il n’y a pas de danger.

  Il faut pouvoir lâcher la mémoire de ce qui empêche le relâchement de cette membrane cellulaire, de ce qui fait une fermeture a priori, ce qui en passant est le travail de l’étiomédecine.

  N’est pas ouvert celui qui reste fermé a priori.

  Est plus qu’ouvert celui qui laisse l’esprit recevoir l’information et choisir de l’accueillir ou la rejeter… corps et âme.