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Dualité, des nuances de gris

    Au siècle dernier et encore enfant élevé au bon grain de la pensée mathématique et scientiste, à séparer de l’ivraie manuelle, littéraire ou artistique, j’entendais souvent cette blague faite postulat, selon laquelle il fallait pour faire Math Sup et ce qui suit, d’abord comprendre pour avancer, lors qu’être peu futé suffisait à faire un médecin pour peu qu’on soit travailleur puisqu’il ne s’agissait que d’apprendre par cœur. Le reste ne valait même pas qu’on s’y attarde.

  N’empêche que quand ils étaient malades, ces matheux, paternel (qui me manque tellement) and Cie, ne la ramenaient pas et se faisaient « hippocratement » (non y a pas de faute) moutons et gamins face à l’homme de l’art dans les mains duquel le stéthoscope avait autant l’air du sabre que du goupillon.

   Ça me faisait rire sous cape tandis que, bien conditionné, je riais aussi la veille de leur blague.

  En même temps je ne la ramenais pas plus que ça, étant moi-même déjà malgré mon jeune âge champion du monde… de la fainéantise (que je ne pratique plus en compétition vu mon âge mais je m’entraîne encore), avec des angoisses soudaines à l’idée de travailler jusqu’à 2 h du mat et lever à 6 toute une année de Math Sup, voire deux généralement et autant ensuite pour Math Spé avant « d’intégrer » comme on disait, alors que je pouvais de mon temps libre, ne surtout… rien faire et rêvasser, ce malgré des dispositions et facilités pour ce domaine que j’affectionnais pourtant. Quant à trimer 7 ans en fac de médocs, même en n’ayant pas à faire « l’effort de comprendre » pour reprendre la plaisanterie… mon respect vis-à-vis de ces forçats était réel.

  Aujourd’hui, ces « indigents cérébraux » qui permettaient  ainsi à ces « X », Gad’Zarts et Centraliens de se réconcilier sur leurs dos, constitués en réseau pour ne pas dire autre chose, se sont par le nombre et par la peur, imposés comme une nouvelle religion (secte qui a réussi) supplantant les autres au point qu’on se demanderait presque s’il ne faudra pas bientôt être médecin pour être président.

  Sachant que le pouvoir mène à la folie ceux qui n’y sont pas déjà, ou dit plus scientifiquement que la folie est un « attracteur étrange » du pouvoir (pardon à ceux qui l’ignoraient encore mais la pathogenèse n’est pas le sujet et d’autres plus qualifiés l’ont déjà décrite) et que la folie est un diagnostic qui ne peut être posé que par un autre pouvoir sous peine d’être poursuivi pour exercice illégal de la médecine, on aboutit à une forme de symbiose ou commensalité que d’aucuns appelleront collusion en forme de pulsar de folie2, puisque les deux folies ne s’additionnent pas mais s’élèvent plutôt chacune à la puissance de l’autre : une espèce de boule de feu qui écrase tout sur son passage.

  Fort heureusement le postulat est un chat de Schrödinger et nombre de médecins le sont par vocation et non par défaut de QI. « D’ailleurs, j’ai moi-même des amis médecins » (sur l’air bien connu de : « d’ailleurs, j’ai moi moi-même un ami gay, arabe ou black… ») même si ceux-là ne sont généralement pas dans l’allégeance inconditionnelle au dogme, pour leur inconfort et grand mérite compte tenu des pressions de leurs hiérarchies politiques et économiques.

  Il suffit d’avoir accès à l’information contradictoire, ce qui il est vrai n’est guère possible sur les grandes chaînes d’infos généralistes qui préfèrent détourner l’attention sur la folie qu’il y a chez les autres ( ?), pour constater que l’intelligence n’est pas du côté des symbiotes du pouvoir qui n’ont de défenseurs que ceux que la peur empêche de penser au-delà du plan (deux lectures du mot plan là), les plus nombreux donc, qui définissent la normalité et assurent la victoire des tenants du pouvoir. Et comme l’occasion fait le larron, la tentation n’est-elle pas grande d’éliminer nombre de gêneurs au travers des « remèdes » imposés au prétexte du service commun, du bien public? 

  Mais comme rien n’est blanc ou noir, pas plus que bien ou mal, yin ou yang, sale ou propre, et que la vérité n’est pas un absolu mais oscille dans des nuances de gris que le temps se charge d’assombrir ou d’éclairer au gré de tant d’incertitudes elles-mêmes dynamiques, les opposants  à ces chancres de l’affectif  (non, c’est pas une faute non plus) le sont aussi parfois davantage par intérêt que par philosophie scientifique ou humaniste et se ficheraient pas mal du tribu humain à payer à la liberté, la vérité et la justesse, si tant est que ce soit vrai, s’il conditionnait la reprise de leurs affaires.

  L’argument psychologique et l’impact mortifère s’invitent au débat mais en bons chats de Schrödinger aussi, sont vrais dans la bouche des uns et sonnent faux dans celles de ceux qui n’en font que des prétextes.

  Les seuls qui rient sous cape sont ceux qui s’enrichissent déjà « en volant au secours d’autrui », ou qui ont la garantie de s’enrichir sous peu par la création de besoins plus ou moins artificiels créés par les évènements, ou par le retour sur investissements que la « fortuité » de situations a suggérés.

  Je parle de fortuité car il ne s’agit pas de tomber dans les clichés complotistes qui avec l’irresponsabilité, sont les arguments majeurs de ceux qui, cons sciemment, n’en n’ont plus à opposer à leurs… contradicteurs.

  Reste que l’outrance complotiste, dans sa dualité, n’exclut pas la réalité de complots qu’il serait naïf, à moins d’en être ou d’en profiter, de ne pas vouloir voir : Le monde n’est à quelques-uns, qu’une gigantesque clientèle, tout comme à chaque niveau de zoom de cette image, cette fonction se répète de manière fractale pour faire de chaque groupe « ciblé » la clientèle d’un marché qui a fait pour ça l’objet d’une étude politique ou commerciale.

  Dès lors qu’on ment, fût-ce par omission, triche, argumente « droit dans les yeux et pour parler franchement » avec des raisons qui pour cohérentes qu‘elles paraissent, ne sont pas les vraies, on offre les armes aux adversaires… qui font la même chose.

  Et chacun, à les écouter, de s’y perdre, d’autant plus quand lui-même sensible aux chants des mêmes sirènes, sait ce qu’il est capable de faire à son niveau pour séduire ou arriver à ses fins.

   Les fonctions sont entachées par ceux qui les exercent (les autres s’en moquent.) Ainsi naissent les clichés et jugements à l’emporte-pièce qu’expriment des caricatures ou associations de mots qu’on aime dans la plaisanterie à assimiler à des pléonasmes dont souffrent ceux qui tentent d’exercer leur office en conscience :

  Le politicien est par essence pourri, l’avocat véreux, l’argent sale, le médecin se prend pour Dieu, le non-médecin qui soigne, est un charlatan, le fonctionnaire un planqué de gauche, le « privé » un affairiste de droite, l’employé municipal est déjà célèbre, le journaliste, un nécrophage qui insatisfait fait envoyer la pub, le banquier un voleur qui n’a qu’une calculette à la place du coeur, le sportif un tas de muscles où se concentre la totalité de ses neurones et j’en passe.

  Et force est de reconnaître  que nombreux hélas sont ceux qui font qu’il n’y a pas de fumée sans feu :

  Parlant des politiciens dont le fondement est d’asseoir (si on peut dire) leur pouvoir et  de le garder, la démagogie a éteint les flammes pour ne laisser que la fumée… qui nous enfume. Quel niveau de folie mythomane et mégalomane ne faut-il pas avoir atteint pour oser dire à des millions de gens « Votez pour Moi » ? Quel niveau d’irresponsabilité, qu’ils attribuent aux autres, ne faut-il pas avoir pour oser dire qu’on a pour tous, les solutions à tout?

 « Le complotisme, c’est aussi de mettre des certitudes où il ne peut pas y en avoir. »

  Ces compl’auteurs du pouvoir sont aussi des compl’autistes (pardon aux autistes en général qui ne méritent pas cet amalgame.)

  Mais mise à part chez les politiciens, et je ne parle pas de l’idée de la politique, où la dualité contradictoire entre honnêteté et manipulation existe forcément mais n’apparaît qu’à l’état de trace, tout comme l’astate dans la croûte terrestre (moins de 30 grammes) et fait que personnellement je n’en connais pas qui ne maîtrise la façon de revêtir une veste tant à l’endroit qu’à l’envers (mais vous peut-être ?),  tant la vertu ne veut pas du pouvoir, il est heureusement par ailleurs des raisons d’espérer qu’une forme de bonne volonté et de conscience, comme une flaque s’étalant, équilibrent mieux ces niveaux de contradiction.  Mais dans un équilibre dynamique contradictoire et non dans une inertie d’antagonismes :

  Il est bien sûr des médecins qui pensent au-delà des « prescriptions » de leur tutelle, mais pour peu qu’ils affranchissent cette réflexion des conflits de leurs intérêts, v’là t’y pas qu’une censure de tous les diables leur opposent des barrières  d’expression (vous les voyais pas sur France 2 ou TF1 ceux-là), de moyens (dénigrement chez l’un, intimidation chez un autre, pression sur les équipes chez un 3e, privation de liberté d’exercice chez un 4e, etc.)

   Qui complote ?

  Et puis il y a les non-médecins qui soignent. Pour le coup, là, la grande majorité des médecins se réconcilient et font bloc pour fustiger ces charlatans qui se prennent pour… eux. Et ils ont beau jeu de prendre prétexte de l’ésotérisme mystico-new age de certains romantiques plus ou moins cosmiques (oui ça fait beaucoup) pour faire l’amalgame auprès du public de tout ce qui échappe à leur autorité ; enfin quoi, un marché, c’est un marché. Ainsi une revue de médecins vous parlera de l’ostéopathie en vous donnant un lien pour trouver des ostéopathes… médecins, même si l’ostéopathie qui leur est enseignée n’aborde pas le dixième de ce que maîtrisent ceux qui ont fait quelques milliers d’heure de formation. N’ai-je pas entendu il y  a quelques jours (en fait si, je l’ai entendu) mon médecin « référent » se vanter d’avoir fait récemment une formation d’hypnose… « Oui mais attention, réservée aux médecins. (sic). »

  Et puisque nous sommes entre praticiens ou au moins connaisseurs de l’étiomédecine si vous lisez ces lignes, nous qui « n’existons pas » devrions selon le même principe d’autorité souveraine nous inféoder à la psychiatrie, la psychanalyse ou la psychologie (conditions d’obtention des ré agréments de formation) pour qu’on nous consente un droit d’existence sous leur contrôle. Eux qui en sont restés en 1930 et qui ne peuvent expliquer qu’intellectuellement une démarche affective à laquelle ils sont totalement étrangers en vertu de dogmes sans la moindre rigueur scientifique dont ils se réclament pourtant : on a un siècle d’avance.

  À une époque, toute peine méritait salaire autant qu’il y avait un certain honneur à en donner aux gens pour leur argent. Quel sens cela a-t-il encore ? Au temps de l’obsolescence programmée, de celui où les affairistes cherchent la marge au mépris des matériaux mais aussi au niveau du public qui lui-même voudrait tout avoir gratuit et n’avoir pas à mériter son salaire… ce qui en même temps peut parfois se comprendre compte tenu du niveau de certains salaires consentis et parfois payés au lance-pierre : dualité, dualité.

  Pour certains le seul fait d’être né ouvrirait droit à un salaire avant toute perspective de travail… qui du coup n’aurait plus guère de sens pour beaucoup.

  Ah journaliste! J’avais un ami aujourd’hui disparu chez qui la tension grimpait au plafond dès qu’il entendait parler de politiciens, d’avocats et de journalistes. En même temps, que trouver de mieux comme exemples de commensalité de la peur, du conflit, de l’apitoiement et j’en passe ? Le fameux « Envoyez la pub » est une autodérision qu’il convient peut-être de saluer. Je n’oublierai jamais ce journaliste présentateur du 20h, effectuant le « yes » des sportifs remportant une victoire, à l’annonce des attentats du 11 septembre 2001, instant flashé censé être en off et vite disparu des « mémoires » des médias (quoique.)

  J’en connais bien quelques-uns pour qui le souci d’informer proprement est moteur avant tout (et j’en sais au moins un qui lisant ces lignes s’y reconnaitra sans doute et que je salue très amicalement), mais présenteront-ils un jour le 20 h  des plus grandes chaînes ? Vous savez, celles-là même où la contradiction est censurée.

  Bon, vous voyez le propos, on va donc en rester pour la démo. qui je vous le concède n’apporte rien de nouveau puisque le mensonge, la trahison, la collusion, le corporatisme, la prostitution de l’âme (je précise bien), les conflits d’intérêts etc. existent depuis que l’Homme est né.

  Et si vous faîtes un rapprochement de circonstance avec une actualité que je n’ai nulle part nommée… et bien vous avez parfaitement raison.

  Mais si je ne l’ai pas nommée, c’est justement que cet instantané photographique n’est que le témoignage d’une réalité intemporelle à laquelle chacun participe. Ce scandale aujourd’hui n’est que la somme d’une infinité de petits scandales de tous les jours qui impliquent plus ou moins tout un chacun.

 Et s’il est évident que la seule issue a des airs de désobéissance, encore faut-il pour qu’elle soit juste (au sens de la justesse et non de la justice car les vrais justiciables sont à l’abri) qu’elle soit aussi un renoncement à la part de nous-mêmes qu’elle dénonce.

                                   Le bonheur pour les stoïques est dans la vertu.