Newsletter

La vraie vie: quel cinéma?

  « C’est bien beau tout ça, mais la vraie vie, c’est pas du cinéma » s’excusent à tout bout de chant (c’est volontaire), comme une litanie, ceux que leurs actes mettent en dichotomie avec les autres ou leur conscience.

  Qui en regardant Errol Flynn le soir en famille, ne prend pas fait et cause pour Robin des Bois contre les méchants ? Personne probablement.

  Et pourtant, après une bonne nuit de sommeil où chacun, s’endormant, s’est un peu rêvé en héros adulé, tous repartent de bon matin incarner dans la vraie vie les rôles modernes des personnages qu’étaient dans l’autre camp : shériffs et prévôts, préleveurs de taxes et d’impôts, soldats et gens d’armes, curés prédicateurs et faux dévots, bonimenteurs et affameurs, et tous les fonctionnerfs qui sont le nerf de la guerre des administrations, marchands de poudres et chimères, de promesses et sortilèges ; bref tout ce qui fait qu’on a eu, pour espérer encore, à créer des légendes.

  Tous ou presque « se romantisent » à souhait en revendiquant leur part de suranné d’un Cyrano que les exigences de l’époque n’autorisent pas à être, lors qu’à les entendre,  c’est l’essence même de leur nature profonde.

  Mais qui aujourd’hui fait fi d’un protecteur et ne lui lèche l’écorce, ne s’abaisse pas à des exercices de souplesse dorsale, ne se salit pas la peau au niveau des genoux, dédaigne d’être le lierre lors qu’il n’est pas le chêne, ne préfère pas n’être pas seul pour pouvoir monter plus haut ?

  Alors, la vraie vie, c’est pas du cinéma ? Ou n’est-ce pas plutôt que

Le cinéma montre la réalité de cette part de cinéma qu’est la vie ?

  À l’heure où il est de bon ton d’honorer les humains dont on craint d’avoir besoin, mais qu’on méprise quand s’estompent les raisons de la peur, il s’agit seulement de rappeler que l’être a en lui une part fondamentale, nécessaire et non suffisante des clefs de son bien-être.

  Cette part est non suffisante car l’humain ne se suffit pas à lui-même en tant que règne d’abord puis en tant qu’individu au sein de son propre règne. Chacun et son évolution, que ça lui plaise ou pas, dépendent pour une part des autres, qu’ils soient des proches ou qu’il s’agisse de l’Humanité en général dont il est quotidien d’entendre déplorer  l’évolution, jugée par les individus comme un frein à la leur propre sans que jamais personne n’envisage le frein qu’il peut être à celle de l’espèce.

Les miroirs servent plus à se maquiller qu’à se regarder.

  Pour une autre part, l’humain souffre des difficultés parfois d’adaptation aux évènements, au-delà même de la notion de déni, mais pour tant d’autres raisons possibles liées à la résilience, au temps, à la présence ou la synchronicité, aux aléas de la communication, bref, la liste est longue et montre bien que bien naïf est celui qui pense n’avoir besoin de personne et pouvoir s’en sortir tout seul au vu d’une « multifactorialité » qui dépasse de loin le plus fort d’entre tous.

  Mais il est une part de ce bien-être sur lequel l’individu peut influer.

  Si l’énergie est une information en mouvement, la rétention, le déni, la compréhension erronée de l’information deviennent des faux mouvements, des mouvements d’énergies perverties ou des refoulements de saines énergies.

  À chaque fois que l’être actera en dichotomie avec sa conscience, même dans le choix conscient d’un acte contre sa conscience, et sans même parler d’une faute de jugement ou d’une erreur, il sera dans un chemin de traverse énergétique.

  Et même si chacun, jeune et encore en pleine forme, se croit invulnérable, cet « alambiquage » énergétique affectera immanquablement à plus ou moins long terme, la fonction!

(Rappelons nous à cet égard, que l’étiomédecine est la thérapie des maladies fonctionnelles.)

  Et bien sûr, l’altération avec le temps somatisera la dysfonction trop énergivore sur une structure ou des organes épuisés.

   Il n’est donc aucunement question de juger ou moraliser et chacun vit les choix qu’il entend. Mais mentir n’est jamais mentir aux autres qui souvent croient ce qui les sert ou les arrange au présent, mais c’est toujours se mentir et n’être la principale ou seule victime des excuses ou  prétextes qu’on s’est trouvés ou inventés, des arrangements qu’on a eus avec sa conscience.

    Trop de gens arrivent  à passer pour ce qu’ils paraissent malgré l’outrance de comportements mielleux et dégoulinants à en susciter la nausée. C’est à se demander comment leurs « spectateurs » peuvent en être dupes, petits d’hommes dans les anneaux du serpent : « Aie confiance », mais sans doute pensent-ils être assimilés à ce qu’ils préfèrent croire en y adhérant sans discernement. Sans doute pensent-ils qu’on les jugera innocents de ce dont ils paraissent ne même pas imaginer l’existence.

  Me revient cette phrase que j’ai attribuée peut-être faussement mais parce que je l’ai entendue de lui, à Jean-Claude Acquaviva du groupe corse « A filetta » et qui pourrait être un vœu de nouvelle année:

« Mieux vaut désirer être ce que l’on défend que vouloir à tout prix défendre ce que l’on est. »

  C’est à défaut de la facilité, parfois le prix de la santé et assurément une condition pour se trouver.