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L’enfer me ment

Bien avant qu’il ne s’agisse d’ascenseur ou d’avion qui ne sont peut-être que les signes ultimes d’une désadaptation depuis longtemps amorcée, de quoi le claustrophobe n’arrive-t-il pas à sortir, qui est son enfer dont il a passé les portes parfois d’un prim’enjôlement pour un final engeôlement ?

 Prim’enjôlement parce que promesse de confort ou de facilité sur la foi de  dogmes, de certitudes qu’il suffit de croire en feignant l’humilité, ou de répéter avec l’air des « sachants » qui confirment des thèses qu’ils auraient, cela va de soi, la compétence d’avoir étudiés avant de les confirmer comme s’ils venaient d’eux, qu’ils se sentent forts de porter haut et fort puisqu’ils sont la loi du plus grand nombre.

  Prim’enjôlement parce que garantie que nulle information n’échappera au contrôle que ceux certains veulent garder sur tout chose. Au point que rapidement la surinformation  crée la confusion en cerveaux qui ne savent plus, en la tête, où donner des lobes.

  Prim’enjôlement parce que ceux qui n’appartiennent à aucune de ces deux catégories n’ont d’espoir qu’en la solution miracle qui résoudra leurs problèmes sans qu’ils n’aient à s’impliquer sans risque d’échec.

  Prim’enjôlement parce qu’il est tellement plus simple de cocher toutes les cases qui satisfont aux diktats du bien-pensant plutôt que de créer ce qui n’est pas sûr de plaire et de surcroît s’avère bien fatigant.

  Bien à l’abri du savoir à défaut de la Connaissance, ils sont ceux qui savent tout de la théorie mais pour qui rien ne marche.

Ils sont au secret dans un enfer de savoir étouffant où rien ne se crée.

  À moins qu’ils ne soient hésitants où chaque pensée remet en question les réponses d’hier, qui demain changeront, remet en doute leur ressenti jusqu’à n’en plus savoir ce qu’il leur dit éprouver ou aimer, où tout prétexte ou excuse justifie l’inertie, l’indécision ou les choix qui sont traîtres à eux-mêmes.

Ils sont dans cet enfer où leur mental ment à leur cœur.

  Pour n’avoir pas à craindre l’erreur ou à porter la responsabilité de l’échec, d’autres préféreront n’appliquer que les recettes éprouvées où le succès sera dû au strict respect des règles imposées, où l’insuccès ne sera pas de leur fait.

  La tutelle réclamée est tout autant responsable ou coupable que l’économie de l’effort à créer.

  Mais ce confort d’inertie, derrière la servitude ou la fonction, cache l’être qui pour répondre aux attentes, ne livre de lui rien… qui d’ailleurs ne lui est pas demandé ; il s’étonne et s’afflige pourtant de n’être pas reconnu pour ce qu’il n’a finalement pas été, de n’être pas considéré lors qu’il a volontairement choisi de n’être qu’un instrument que d’autres maniaient, l’archet que d’autres tenaient.

Il est dans cet enfer où lui ment le regard des autres,

Il est dans cet enfer où il se ment d’attendre et de croire cette image qu’il y voit en faisant pour cela abstraction de lui-même, en abdiquant de se créer pour ne plus vibrer par lui-même.

  D’autres encore, pour plaire ou ne savoir limiter, se laissent vider d’une substance qu’ils voient aspirée et nourrir ceux à qui ils ne savent résister et qui se servent, quand ce n’est pas eux-mêmes parfois qui jamais ne se satisfont. Ou ne sont-ce pas ceux qui à l’inverse s’imposent à tous pour n’avoir pas à s’adapter et rester en toute circonstance le centre au tour duquel le monde doit tourner ?

  À moins que jamais ils ne sachent quelle place est la leur dans les turbulences perpétuelles dans lesquelles ils se noient.

Ils sont dans cet enfer où jamais ils ne savent prendre leur juste place.

   À quel point d’impertinence est leur relation à la vie quand certains sont l’enfant qu’à un jeu de Colin Maillard, ces enfers se renvoient l’un à l’autre ?