Newsletter

L’étiomédecine? C’est que de l’amour… mais pas que!

Que de l’amour… et encore plus de conscience

Mais surtout pas d’orgueil.

  J’ai abordé à maintes reprises ce système autobloquant que sont à la réussite thérapeutique, les exigences, le volontarisme, les certitudes, les recettes, les attentes et… l’orgueil.

   Fort de certains constats, c’est sur ce point que je reviens aujourd’hui.

  Sans même parler des prescripteurs et applicateurs de recettes qui sont à la thérapie et à la guérison ce que les tables de multiplication sont aux mathématiques irrationnelles ou la pomme de Newton à la physique quantique, je suis interpellé de façon récurrente par cette contradiction affichée par un grand nombre de personnes, thérapeutes ou non, séduites par cette dimension d’amour, de respect, de non induction, de responsabilisation que préconise l’étiomédecine respectueuse de ses principes fondamentaux (presque disparue mais on se bat) ET…

Le fait que ces mêmes personnes restent dubitatives, voire frustrées quand cette pratique-là et à ces conditions, suffit à donner des résultats : « C’est tout ? » semblent-ils dire.

  Comme si, de n’avoir rien eu à acter qui soit une preuve de leur implication dans le succès leur soit ingratitude, comme s’ils n’avaient pu apposer leur signature au bas d’un constat dont ils se croient les auteurs.

  Au moins Amma a-t-elle un nom, une signature, fût-elle spirituelle, qui l’assimile sinon au divin, en tout cas à une signifiance de l’Amour.

  Tandis que là, non. On ne peut faute d’acte « concret », même pas une embrassade, dire d’eux qu’ils sont l’Amour qui a libéré (délivré…) leur patient, qui lui-même peut-être, pense qu’il s’agit d’un hasard ; insupportable.

  Et oui, on veut bien que l’amour guérisse (et soit plus fort que tout et patati et patata) mais à condition d’en être considéré comme une expression.

  Combien en ai-je vus, déçus de la part pas assez « concrète » qu’ils se voyaient attribuer dans des améliorations pourtant évidentes ?

  C’est que ce n’est pas tant le résultat qui importait que la part qui leur en était reconnue et qui nourrissait leur… orgueil.

  Combien en ai-je vus qui se prévalaient d’une existence « vouée au sacrifice pour autrui » nanani nananère, déçus de ne savoir quoi faire « de plus », comment imposer leurs certitudes ou croyances (qui sont les certitudes des autres…), quand tardaient les résultats, ou même quand ils étaient là ?

  Orgueil, orgueil, orgueil.

  L’amour guérit bien un peu, bien sûr…

Par quelqu’un qui est dans l’amour, non par quelqu’un qui serait l’amour (quelle présomption et quels soucis pour trouver des chaussures à ses chevilles.)

  Si l’Homme est « au mieux » une fractale de l’amour, et l’humain une fractale de l’Homme, l’amour n’est à coup sûr, ni une fractale de l’Homme, ni d’un humain.

  Alors d’où vient parfois cette insuffisance de résultats, d’où vient ce sentiment de frustration de l’acte qui satisfait l’orgueil ou la vanité de petits bonshommes qui toujours parlent d’amour et de divin pour qu’on les y amalgame ?

  Peut-être justement parce qu’ils ne sont pas dans cette présence qui leur ferait ressentir leur place dans cet acte de vacuité qu’est, dans un non acte apparent ou l’acte de faire rien (et non de ne rien faire), le recevoir d’un patient.

  Peut-être aussi parce que l’amour, nécessaire, s’il suffit à soulager, ne peut se substituer à la conscience qui prévaut à la délivrance d’un état où siège le patient et qui est le point d’application de sa capacité à muter.

  Mais pour cela aussi, la présence est nécessaire autant que suffisante quant au rôle du thérapeute à qui n’appartiennent ni les choix ni le destin des patients.

  Alors, l’étiomédecine ?

C’est que de l’amour, celui d’une personne, thérapeute ou pas, qui n’est pas l’amour (restons sérieux), mais qui manifeste  sa part d’amour en ouvrant les bras à quelqu’un qui veut être embrassé.

  Mais c’est, par la présence dans l’étreinte, la reconnaissance et donc la conscience de l’état qui va délivrer le patient.

  Bien sûr, cette étio-là, comme pour tant d’autres choses par ailleurs n’est un art que chez ceux qui, développant l’esprit, ont dépassé la technique ; encore faut-il l’avoir eue.