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Liberté et responsabilité,

individuelles et collectives… et manipulation.

  J’ai fait un jour ce rêve étrange et dérangeant qu’un jour j’avais à portée d’un fusil que je savais manier en expert (ce qui est faux) mais bien trop loin pour intervenir avant qu’il ne l’ait de force pénétrée, un sale individu s’apprêtant à violer une jeune fille dans un bois.

  Instinct ou calcul ?

  Calcul d’un futur où d’aucuns soutiendraient comme souvent la loi, que ne l’ayant encore fait, il ne pouvait être certain qu’il l’eût fait et qu’à ce titre, j’étais un assassin. La mauvaise foi a sa logique aussi.

  Calcul que quoi que je décide, je n’aurais jamais cette réponse-là.

  Calcul de pseudo libertaire fort d’une pseudo conscience qui lui offrirait ce prétexte d’une liberté absolue de n’avoir jamais à tuer. Et tant pis pour la jeune fille.

   Calcul de crétin, de ceux qui s’en lavent les mains et assurent « qu’elle avait ça à vivre. » (Si si, je vous jure, ça existe.)

   Je ne parle même pas, cela va de soi, des lâches que la peur étreint et détourneraient le regard, mais qui seraient les premiers à avoir un avis et un jugement, ou des pourris qui « attendraient d’abord  avant d’agir. »

  Calcul ou instinct ?

    Certes, ma liberté, j’y suis attaché presque comme à un absolu et rares sont ceux qui incarnent autant que moi le refus de la concession et de la compromission : c’en est « cyranesque » à en être bête peut-être et même si je préfère de mort lente, mourir pour mes idées.

  Renoncerais-je, par confort de n’avoir pas outrepassé Dieu ou la vie (c’est à votre guise), à un acte qui m’engageant suprêmement, me laissera avec cette souffrance d’avoir été là à cet instant ? Quoi que je fasse.

  Calcul ou instinct ?

   C’est au moment critique que je me suis réveillé, ne sachant si j’avais fait le libre choix d’apprendre à vivre avec le fait d’avoir tiré, dans le cadre d’une responsabilité collective et malgré le risque d’une réponse collective portant atteinte à ma liberté individuelle, plutôt que de laisser lâchement et de façon collectivement irresponsable, cette jeune femme vivre seule avec son viol et la perte d’une grande partie de sa liberté individuelle, au nom de la mienne. Si tant est que le remords ne fût pas une aliénation de liberté de l’esprit…

Pas simple, tout ça, bien évidemment.

 Parce qu’on ne peut pas se dire libre et jamais responsable.

  Parce qu’on ne peut pas toujours « s’en laver les mains » à la manière de ceux qui se la jouent spirituellement évolués et tellement au-delà des contingences quotidiennes, matérielles et si bassement humaines qu’est ce plan de l’incarnation et de ses expériences qu’ont à vivre les mécréants.

  Il est tellement facile de paraître sage quand on est impliqué dans rien, d’avoir toujours raison quand on s’exclut de la société et qu’on ne sera pas contredit ou remis en question par des évènements qu’on ne vit pas, souvent par manque de courage plus que par sagesse. Ou quand on joue les ermites et que les oiseaux, les arbres, les fleurs ou les rivières vous donnent toujours raison, quoi que vous pensiez.

 Toutefois la liberté de choisir cette vie est légitime bien sûr et il faut avouer qu’on peut en comprendre la tentation… d’autant que, dénuée de jugement, elle peut être considérée comme un message en soi, et en ce cas, un partage responsable aussi.

Parce qu’on ne peut pas tout laisser dire et faire

  Au nom d’une neutralité qui serait plutôt de l’indifférence, au nom d’une liberté individuelle dont les inconséquences seraient collectivement irresponsables par calcul, intérêt mercantilisme ou manipulation.

Parce qu’on ne peut pas se déresponsabiliser de tout en revendiquant une liberté individuelle absolue.

   Certes, on comprend que l’ouvrier, ou quiconque, parisien, ou d’ailleurs, le samedi soir après l’turbin ait en rentrant, l’envie, le besoin et l’exigence d’être distrait et qu’à cet égard, la téloche, la pub et les médias lui rendent ce service en occupant chaque espace de son temps de cerveau disponible comme disait en substance l’un de ses patrons porte-parole, mais officiellement pour « le distraire de la pénibilité de son quotidien » comme disent les animateurs vedettes.

  Mais faut-il pour l’économie d’avoir à penser et à créer soi-même une partie de sa propre vie, « avaler » les prêts-à-penser  imposés et les distractions qu’on nous donne l’illusion d’avoir choisis, lors qu’ils sont les résultats d’études de marché ?

   Peut-on se prétendre libre en acceptant sciemment qu’on nous abêtisse, comme le montrent depuis une vingtaine d’années des études où la flagornerie et la stratégie commerciale ne paramètrent pas les résultats, parce qu’à figer les êtres toujours plus de temps devant leurs écrans, les applications addictives et les jeux débilitants, les réseaux sociaux où l’on passe sa journée à ne parler de rien en parlant de tout, on supprime les rapports directs et présentiels aux autres et donc les ressentis qui permettraient de séparer le bon grain de l’ivraie. Tout en revendiquant une facilitation de communication qui est en fait une extinction.

  La connerie qu’on développe est aussi fonction de la partie de la vie qui ne s’apprend que dans les livres, les études et les écrans quels qu’ils soient, et inversement proportionnelle à celle qu’on n’apprend pas sur le tas, parce qu’elle occulte le vécu du rapport à l’humain.

  Le manipulateur apprend dans les deux.

  … Il est beaucoup plus difficile de « rouler » celui qui n’a appris que sur le tas.

   Faut-il en arriver à ne plus chercher ailleurs et en soi-même les moyens de trouver une forme de bonheur à vivre ?

Faut-il  accepter que l’enfumage des politiciens, gouvernants et médias nous « soulagent » de notre responsabilité qu’ils se proposent d’assumer à notre place, pour contrôler les libertés collectives… au nom des libertés individuelles ?

  (C’est oublier« qu’ils » devraient être au service du peuple, pas le contraire.)

  Faut-il par procuration déléguer sa responsabilité, simplement pour n’avoir pas à chercher, puis ensuite se plaindre des conséquences sur la liberté.

   Peut-on s’indigner d’une atteinte à la liberté individuelle quand elle est une conséquence d’un refus d’assumer sa responsabilité en abdiquant du discernement et de l’esprit critique, fût-ce par la peur insufflée pour parquer le troupeau.

Et l’irresponsabilité serait chez ceux qui demandent des réponses ?

  Foutaise!

Elle est chez ceux qui ne posent pas de questions,

  Ceux qui achètent la paix en courbant le dos, se font moutons mais aussi Kapos quand ils se disent bergers (la recette est facile : pour faire un Kapo, vous choisissez un parmi les moutons pour surveiller les autres, les modes de sélection étant pour une grande part décrits dans le « grand livre des ambitions et des winners », ces malades qui ne vivent avec les autres que pour vivre contre.)

    Allez, pour en revenir à mon rêve :

  J’espère que je saurais su tirer, quelles qu’en soient pour moi les conséquences ; Je ne saurais m’endormir sans pouvoir me regarder en face.

    Quant au vaccin, vous savez, LE fameux ?

Je ne sais si celui qui, au mépris de ce qu’on en sait à ce jour, voudrait en force l’imposer, est plus mouton que Kapo. La seule chose certaine est qu’il n’est pas un ami du genre humain.

Et qu’il n’est pas plus libre que responsable.