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N22/1

BONNE ANNEE etc.

  Comment, croit-on souvent, à l’écoute d’œuvres musicales, au vu de créations artistiques ou de prouesses technologiques, douter du génie de l’Homme et ne pas en déduire sa place « à part » dans l’ordre des règnes ?…

  … Comme si la Nature sans Lui était dénuée de beauté, de fondement, voire… de finalité ?

  Comme si le miracle, tellement permanent au point qu’on ne le voit plus, de la Nature elle-même ne contenait pas déjà en amont le potentiel que ne font qu’actualiser parfois péniblement des êtres qui ne sont qu’une partie de cette Manifestation, travaillant à leur propre bénéfice en prétendant gérer le Tout.

  Si quelques individus, par leurs actes ou pour eux-mêmes, sont pour d’autres des signifiants d’une essence divine, chaque « autre » humain se plaît alors à croire que, s’il ne sait l’actualiser, il porte en lui une part de ce génie qu’il voit chez eux et qui donne un sens à sa vie : « Puisqu’un homme peut faire ça et que je suis un homme, j’ai donc le potentiel de le faire aussi. »

  Après tout, Dieu n’a-t-il pas fait l’Homme à son image ? Encore cette fatuité de ceux qui croient que plus que d’autres, ils sont élus : Le blaireau -le vrai- croit-il que Dieu a la forme d’un blaireau dont il serait une image fractale? Et la rose…?

  Mais Dieu, s’il Est, est unique et l’humain, juste un tout petit bout d’un ensemble qu’il est bien incapable d’assumer. Alors, pour chaque petite partie de l’ensemble que chacun peut appréhender, on crée des petits dieux qui sont les modèles où chacun se plait à voir un petit bout de lui-même et pas forcément le contraire ; On dit toujours que le quidam aime s’identifier à ses héros, mais au moins aussi souvent, le quidam orgueilleux aime croire que ses héros sont une meilleure part de lui même… Que « s’il avait voulu… », « On a gagné » mais « ils ont perdu. »

  Puisqu’il faut à l’humain des icônes pour signifier l’infime partie qu’il peut concevoir d’un Tout qui le dépasse, on lui fabrique des stars, champions, people dont il devient « fan » et qui lui disent ce qu’il faut être et paraître, penser et croire, trouver bien ou mal, qui font de ses doutes les croyances qu’il prend pour ses vérités, qui imposent leurs certitudes qui de vérités figées deviennent les croyances de leurs fans.

  Mais l’iconographie n’est-elle pas ou n’est-elle que pour pallier les limites affectives de la conscience, certains diraient les limites de la foi ?

  Ne décrédibilise-t-elle pas la croyance pour ceux qui ont la conscience et sont au-dessus ?

  Alors l’Homme est-il « génial » parce que de temps en temps l’un ou une poignée sur des milliards fait ou font un truc intéressant ou même qui fait seulement illusion ?

VŒUX

  Que souhaiter de mieux à l’humain que des expériences à découvrir par lui-même pour qu’elles soient des aventures et non les conclusions et les certitudes par procuration ?

  D’avoir des inspirations et non des modèles  à copier?

  Des inspirations pour créer et non des icônes pour s’effacer?

  De grandir par la souffrance de ses erreurs plutôt que de ne rien apprendre par « l’invécu » imposé par les conditionnements, les certitudes, les exigences, les croyances et les interdits ?

  De n’avoir de pensée que celle qui émerge d’un vécu impliqué et non, de faits ignorés,  celle que d’autres ont projetée, même s’il relève de la facilité de reprendre la pensée d’autres pour se rassurer ?

  De n’avoir de pensée que celle ressentie par l’émergence des sensations que créent les évènements qu’on choisit de ne pas ignorer ? Plutôt que répéter ce qu’ils ont entendu et qui les arrangent, comme ceux qui commencent toujours leurs phrases par « Je pense que… » Et ne pensent pas.

  D’accepter non comme une fatalité mais comme le déroulement du Temps et le mouvement de la vie, l’éphémère pour n’avoir pas à craindre de ne pas rompre à son profit l’équilibre des choses qui au final ne serait que la rupture du Tout ?

  D’être l’acteur de sa destinée plutôt que le suiveur de ceux qui sous prétexte du collectif revendiquent à titre individuel le pouvoir de gérer la bêtise humaine (pléonasme ?) et pour ça sont obligés d’y entrer ?

En cadeau, petite fantaisie inspirée par les gestes barrières ;

GESTES BARRIERES

  Ni tousser ni éternuer dans l’air que d’autres respirent, pas plus sous le nez, leur parler ou éructer, plus que gestes barrières est savoir-vivre élémentaire.

   Mais l’indispensabilité d’aller et venir camouflé sans nuance de distance n’est-t-elle pas fonction inverse de celle du partage, que plébiscite surtout ceux qui des autres craignent ce qu’ils ont à recevoir ?

  Quant aux amants nouveaux qui par extraordinaire derrière le masque, se sont trouvé du charme, n’ont-t-ils d’autres choix pour s’aimer que le sexe oral ou la visio, que se tourner le dos pour, certes, ensemble regarder devant ?

  Nonobstant l’espiègle sel que revêt à titre occasionnel l’animalité de la bête à deux dos, qu’elle soit sphinx ou bien levrette, ne perdrait-elle sans cesse réitérée, un peu de poésie ?

  Non décidemment, quitte à tout partager du meilleur et puis du pire, je préfère encore courir avec l’amour objet de mon  désir, le risque du délice de ses tendres french kiss.