Newsletter

News#2 – La confiance

La confiance n’est qu’en soi !

J’avais conclu ma 1ère lettre par le fait que le méfiant « par nature », souvent parlait de lui en disant se méfier des autres. Ce qui n’est bien sûr pas une règle.

Quelques retours ont décidé du sujet de cette lettre N°2 :

La confiance

Il est bien pensant, en même temps qu’un signe d’ouverture et d’humanisme, de faire confiance « a priori ». Ne pas le faire colle l’étiquette de misanthrope. Quelle aubaine pour les  filous de tout poil qui à travers la culpabilisation, trouvent là un outil de manipulation massive.

Mais demander la confiance n’est-il pas… vouloir l’obtenir ? Comme celui qui ment jure de dire la vérité, alors que celui qui la dit d’emblée, ne s’en posant pas la question, l’oublie tout aussitôt pour laisser à chacun sa liberté de le croire ou non.

Si on excepte l’excessif pour qui la méfiance est un a priori fondé sur les mémoires entretenues de ses expériences malheureuses, acquises ou transmises (et que l’étiomédecine existe pour aider), la confiance NE SE DÉCIDE PAS. Elle n’est pas un acte de volonté, à peine de n’être alors que le déni en force d’un ressenti culpabilisant et culpabilisé.

La confiance est un ressenti, d’autant plus fiable qu’il est affectivement neutre (merci encore l’étiomédecine), de ce que l’autre ou le sujet de  cette confiance, rayonne.

Combien, une fois bernés ou trahis, se disent qu’ils sentaient bien que quelque chose n’allait pas et qu’ils auraient dû « se » faire confiance. Sans pouvoir l’expliquer, et c’est là que les manipulateurs ont beau jeu.

Ceux qui n’apprennent pas à se faire un ami de leur ressenti, n’ont plus besoin d’ennemis. À quoi servirait d’être lucide s’il fallait se laisser gruger par quiconque, fût-il un proche, à tout bout de champ, ou de chant… des sirènes ? Faîtes-vous confiance à votre enfant qui vous dit faire ses devoirs alors que vous savez très bien qu’il joue aux billes dans sa chambre, pardon je n’ai pas vu l’année : pendant qu’il joue sur son smartphone ? Vous l’aimez quand même ? Mais vous savez.

Ce n’est pas en les autres, parfois excellents travestis, que doit se donner la confiance. Et ce ne sont pas eux qui vous ont trahis quand VOUS ne vous pas êtes pas écouté ; ce n’est que vous-même, en décourageant de surcroît, une confiance qui vous lâchera, comme un chien de chasse lâche son maître qui systématiquement rate le gibier qu’il a levé.

La confiance, croissante parce que respectée, n’est qu’en SOI, pour justement n’avoir pas à se méfier tout le temps de tout et tout le monde. Pour savoir qu’on saura reconnaître l’arnaque ou le mensonge quand ils se présenteront, mais aussi pour savoir s’impliquer dans une belle aventure si rien n’est à suspecter.

Et bien sûr, cela vient « aussi » avec l’expérience de certains échecs.

C’est aussi vrai dans l’art du soin où, à l’exigence de résultat qu’un patient veut s’entendre confirmé, la seule réponse honnête avant de commencer est de lui dire « je ne sais pas. » Beaucoup se la pètent avec des promesses et discours théoriques pseudo-scientifiques, voire même obscurs, en tous les cas invérifiables.

Pourquoi un soin fonctionne ?
Je préfère, une fois n’est pas coutume, citer Montaigne :

Parce que c’était lui, parce que c’était moi

Montaigne

Mais vous n’êtes pas obligé de me croire.