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Partage et impossibilité de partager

  Ah le PartÂÂÂge et ses valeurs! Qui, la main sur le cœur, n’en n’a pas plein la bouche, entre tous ces gens qui se veulent bons, du moins veulent être perçus comme tels, ceux qui voudraient être bons (et donc ne le sont pas), ou ceux qui ont simplement quelque chose à vendre, image ou produit, et délacent les cordons des bourses des autres et se gavent sur la foi d’une générosité ou d’un altruisme feints, d’un romantisme qui tend à faire croire que le monde réel dans sa cruauté et sa quête de profit, leur est étranger? Quitte à se donner bonne conscience en prônant une générosité qui aux riches ne coûte pas grand chose : que vaut le partage de ce qui ne manquera pas ?

  Comme n’est pas un partage celui prétendu d’un gâteau que pâtissent les comploteurs,  affairistes et financiers avec le sucre pris aux futurs mendiants qu’ils enfarinent jusqu’à les laisser babas, et sur le flan avec leurs seuls yeux pour kouigner.

  Mais comme celui qui spontanément parle vrai, n’a nul besoin de jurer une vérité lors même qu’il n’a pas envisagé le mensonge, celui qui partage vraiment (et non vrai ment) le fait sans y penser puisqu’il donne ce qu’il est sans filtre ni calcul et n’a nul besoin de le faire remarquer ni de se faire photographier le faisant.

  Il donne ce qu’il est, même en ne donnant pas en apparence quand par choix, il exprime vis-à-vis d’exigences ou de contraintes de la part d’autrui, son désaccord par un silence respectueux de choix qui ne sont pas les siens… qu’ils n’imposent pas pour autant :

  Le Partage n’est pas une prise de pouvoir.

Et pour qui sait écouter les silences, nul doute qu’ils sont souvent une expression très claire d’une non adhésion respectueuse, d’autant plus quand ils ne sont pas les réponses espérées. « Qui ne dit mot consent » est l’argument de celui qui en force veut imposer sa loi au mépris des autres, l’excuse au manque de respect.

  En aucun cas le partage n’est la réponse contre son gré ou malgré soi, aux exigences et attentes des autres qui, elles, sont irrespectueuses si elles contraignent à agir contre ce qu’on est.

  Attendre de quelqu’un ou lui demander quelque chose, fût-ce par peur ou besoin de se rassurer, lui extorquer des actes, promesses ou déclarations, c’est l’empêcher pendant ce même temps d’être lui-même pour qu’il donne spontanément ce qu’il est, c’est figer son temps pour l’enfermer dans le nôtre qui n’avance plus.

  C’est lui couper systématiquement l’herbe sous le pied, l’étouffant avant que de le faire fuir.

  La peur bien sûr se comprend, du moins plus que la seule notion de profit qui n’exige de partage que l’avantage que laissent entrevoir la fonction ou position d’une personne que l’on ignore, anonyme servant ceux… qui s’en servent.

  Qu’il s’agisse d’une personne, fût-elle proche, d’un égrégore ou de la société, s’attacher à ne répondre qu’à ce qu’on attend de nous n’est ni un don, ni un partage dès lors que ce n’est pas l’expression de qu’on est au-delà des conditionnements et formatages dont on croit qu’ils nous définissent alors qu’ils n’ont qu’éteint l’être derrière un paraître de convenance : ce partage-là n’est qu’une connivence. Pour beaucoup, cette façon de « partager » n’est qu’un consensus pour avoir la paix, ne fâcher personne, ne pas créer de conflit, voire l’exercice d’un chantage affectif en achetant ou vendant l’amour ou l’affection au prix de l’effacement, de l’obéissance ou de la soumission :

Il est, croit-on, plus facile de faire abstraction de soi en prétendant servir que de prendre  sa place pour donner ce qu’on est, car pour donner, encore faut-il être.

  Car il faut bien le dire, en un mot comme en cent,

Il n’est de don que de soi et de partage que de ce qu’on est.

  Mais nous avons déjà eu maintes occasions d’évoquer la chose et moins nous intéresse pour notre propos, l’impossibilité de partager que le partage en lui-même.

  Les nantis ont beau jeu de professer aux modestes le partage de ce qui en regard de leurs propres fortunes diverses, n’apparait pas comme le sacrifice qu’ils demandent aux autres de faire et dont ils se veulent l’exemple :

  Il est facile d’être généreux quand on est riche, d’être gentil quand on est fort, de prôner la confiance quand on se sait à l’abri,  de se dire courageux quand aucun danger menace, de partager quand on sait qu’on y perdra rien et que le solde après partage oubliera la division, que ce qu’on aura donné de soi ne sera pas une arme qui se retournera.

  Et plutôt que de donner à bon marché, mauvaise conscience à ceux qui brûlent déjà de ne pas l’avoir bonne, il est plus pertinent de se pencher sur

L’impossibilité de partager.

  Pour hypothétique que fut l’analogie du Dr Brinette qui parlait de l’énergie du partage comme de l’énergie du photon sous la forme

E =  λ μ

Où la dérisoire place occupée par la constante de proportionnalité λ (constante de Planck : 6,63 x 10-34 joules) montre le rôle important de la fréquence de l’onde électromagnétique μ dans l’énergie que dégage le photon considéré, on comprend que tout aussi analogiquement et même s’il ne s’agit que d’un modèle discutable, que les freins au partage voire l’impossibilité de partager vont être fonctions de cette fréquence, (la constante étant par définition invariable.)

  Si cette fréquence engendre d’autant plus d’énergie qu’elle-même est élevée, qu’est-ce donc qui la fait baisser et descend ainsi le niveau d’énergie ?

   Il est naturel de penser que cette énergie de partage sera d’autant plus forte et vibratoire que la fréquence n’est pas ralentie ou empêchée, que la personne se « lâche » d’autant plus spontanément qu’elle n’a pas de frein pour l’en dissuader.

  Il est naturel d’en déduire que :

Tout frein ou barrière à sa spontanéité diminue cette vitesse à s’exprimer, cette fréquence incidente (comme notre photon dans la formule) et donc baisse notre niveau d’énergie et notre force de partage.

  À cet égard, la peur, la méfiance, les doutes, les mémoires résiduelles de souffrances de la vie sont les freinateurs d’élans d’expression. On comprend sans peine ces évidences déjà maintes fois évoquées.

  Quant au mental, il n’est pas forcément cet ennemi qu’on a souvent le réflexe d’incriminer. Il est physiologiquement l’analyse par le ressenti que crée la pression cellulaire à partir des évènements vécus. Mental analogique (ou fractal) et ressenti sont indissociables dans l’équilibre et l’état de santé.

Ce mental « sain » est l’émergence d’une pression cellulaire.

  Il est alors aisé de comprendre que l’analyse dépend de la neutralité affective (ou du ressenti) et que chaque expérience non acceptée ou non « mutée » en altère la qualité.

 Le mental essentiel n’est pas cette démarche linéaire élaborée sur la mauvaise foi ou le brouillard de mémoires de souffrance, de peur, de méfiance… et d’intérêt, qui nous livre en bout de chaîne de cette usine à gaz, un produit facturé par tous ces arguments qui l’auront emballé comme ces coques de plastique qu’il y a autour de tout, tellement difficiles à enlever et qui nous polluent tant.

Cet aspartame binaire du mental, que souvent la peur engendre autant que le pouvoir ou la pensée « froide », instaure avec ces filtres entachés un temps de latence entre le ressenti qu’offre le mental cellulaire (parfois cette première intuition ou instinct) et l’élan spontané que « ce cœur » aurait impulsé aux actes, réponses ou expressions, d’une part, et ce qui sera finalement exprimé après réexamen.

 Ces temps de latence pseudo mentaux ou faussement intellectuels sont les facteurs qui diminuent la fréquence μ dans notre formule (ou étalent la longueur d’onde, c’est pareil.)

Cette forme de partage qui a transité par ce mental « malade » n’est déjà plus l’expression de l’être ; un calcul, même s’il n’est pas malintentionné, a travesti le redonner.

Ce mental ment.

  Outre ce mental menteur, les  conditionnements et formatages d’éducation, de religion, les dogmes, croyances s’ils ne l’interdisent pas en soi, n’offrent que le leurre de partage de ceux que la société a moulés, façonnés et fait taire avec la force du temps. Mais nous avons déjà largement évoqué ces facteurs.

  Il est aussi ceux que l’absence, l’abandon ou la solitude n’a pu aider à se structurer, ceux que la souffrance a affectivement déstructurés, détruits, cassés, éclatés. Faute d’un affectif éclaté, fragmenté dont les morceaux n’ont pu être rassemblés, ils ne peuvent plus partager. Comme si la l’énergie qui a procédé à cette explosion flottait entre les éclats épars et qu’aucune force d’aspiration ne permettait leur réunion (peut-être l’étiomédecine ?)

  On pourrait définir l’impossibilité de partager comme

L’impossibilité d’être dans la synchronicité,

L’impossibilité par le contrôle au lieu du vécu des évènements, de S’y « apprendre », de SE créer avant que d’être par conséquent, celle d’avoir quelque chose à partager.