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Plus c’est long moins c’est bon

  « Ho moi MON ostéo, MON médecin, MON énergéticien (ou chien s’il s’agit du véto), MON étiopathe, MON proctologue (encore que ce dernier ?), est abSSSOlument génial et compétent (plus souvent que con pétant ?) qui ne regarde pas sa montre mais seulement MÔA jusqu’à une heure souvent (j’en ai eu pour mon argent.) »

  Combien de fois entend-t-on ce genre de phrase-cliché chez des patients qui ont le temps qu’il faut à leur nombrilisme ou qui faute d’une présence réelle lors des soins n’y sont que par le mental et dans le paradigme d’une logique  de rentabilité mesurée par le ratio Argent dépensé/temps de consultation ; alors que c’est leur absence d’âme  qui quelque soit le prix payé fera l’échec du traitement en même temps que la réitération de séances bimensuelles durant des années parfois et l’énergie renouvelable de certains praticiens économiquement rassurés.

  C’est aussi parfois chez ces derniers le manque de métier (et d’humilité) qui faute d’une vision globaliste, les fait s’arrêter aux symptômes et s’intéresser à tous les « systèmes » d’un patient pour n’en oublier aucun.

  Mais trop d’informations créent un chaos informatif qui devient celui du patient qui ne peut alors que verrouiller trop de brèches ouvertes comme on colmaterait avec du scotch de multiples fissures sur les parois d’une cuve nucléaire.

 Des expériences présentées par le Dr Brinette à des ingénieurs du CERN dans le début des années quatre-vingt-dix montraient clairement le comportement d’un système dynamique soumis à plusieurs informations nouvelles, il en résultait un comportement chaotique, c’est-à-dire imprévisible dans le temps, pour faire court. Une expérience en particulier réalisée sur des volontaires montraient alors une rapide distorsion de leurs chaînes musculaires  leur faisant prendre des postures improbables, faisant beaucoup rire les spectateurs les regardant lors même qu’eux-mêmes étaient inconscients du phénomène ; bien sûr cette expérience ne pouvait être maintenue trop longtemps.

  C’est que l’apparition du symptôme, la dysfonction, le mal-être, la maladie signent l’épuisement des potentiels d’adaptation à des compensations accumulées dans le temps les unes au-dessus ou à coté des autres pour assurer un équilibre plus ou moins précaire autour d’une clef de voûte qu’elles consolident au fil des ans.

  Et cela est vrai en médecine aussi où je me rappelle lors du « tour » quotidien dans un service de neurologie, du professeur appelant à une vision plus uniciste un interne qui décrivait le patient au pied duquel ils conféraient, comme une accumulation de dérèglements dans autant de systèmes qu’en comporte l’être humain.

  Tout comme l’extraction de la clef de voûte d’une cathédrale la ferait s’écrouler, la libération de l’information-clef de voûte d’un dysfonctionnement établi dans le temps suffirait à en rompre l’équilibre statique et donc morbide pour y restituer le mouvement.

  Une patiente me décrivait récemment une séance de manipulations multiples (quelque soit la technique) à l’issue de laquelle le praticien lui avait expliqué fort sérieusement et avec une certaine fatuité qu’il avait « ordonné » à son corps de réagir ; belle rhétorique (apprise à l’école ?) pour camoufler qu’on ne sait pas trop ce qu’on fait et qu’on y va au pif.

  Mais quel manque d’humilité et surtout quel irrespect du patient.

  Il est TEMPS de redire qu’il n’en est pas forcément de même avec SON praticien qu’avec SON amant ou SA maîtresse, même s’il y a fortuitement cumul des deux fonctions, et qu’en la matière ce n’est pas parce que ça dure long-temps que ça n’en est que meilleur.

  Le Dr Brinette avait en son temps suggéré aux mêmes chercheurs précités des analogies entre les énergies et les formules des physiques cinétique, atomique, photonique, chacune de ces énergies, ou informations en mouvement, émotions ou mental ou partage ou création, s’apparentant à l’un ou l’autre de ces domaines représentés par l’une ou l’autre de ces formules.

Les scientistes qui répètent mais ne pensent pas, trouvent ça ridicule mais nos chercheurs de tout à l’heure trouvaient ça cela « intéressant, discutable mais scientifiquement inattaquable. » Mais après tout est-ce tellement surprenant si on considère que la matière est à terme la Manifestation de l’éther ?

  Ne rentrons pas dans le détail du discutable mais retenons ce qui intéresse notre propos, à savoir que :

L’information donnée quelque soit le mode thérapeutique, dépend de la vitesse.

  Par exemple : E =  ½ m v2v exprime la vitesse.

Plus v est faible, moins il y a d’énergie développée MAIS aussi moins elle impactante, moins elle est nette et donc ressentie et perceptible… moins elle est conscientisable, moins elle est efficiente.

  Un peu comme si on déroulait le film d’une gifle terrible ou d’un coup de moins de Mike Tyson mais tellement au ralenti que l’impact serait celui d’un pétale de rose échu sur votre peau (là on peut imaginer Tyson en chérubin volant nu sur un pétale de rose):

  La perception de l’information relative à l’état du patient n’aurait aucun rapport avec la réalité de ce qu’elle a généré et n’aurait aucun potentiel de libération et de mutation.

  C’est pourtant ce que prônent des thérapeutes qui garantissent des soins « sans aucune douleur ni perturbation d’aucune sorte » mais il ne s’agit là que de clientélisme pour rassurer ceux qui ont peur ou eux-mêmes peut-être.

L’information nécessaire doit être donnée ET ressentie à la hauteur des souffrances qu’elle a engendrées.

Elle ne doit pas être diluée dans la ouate lénifiante d’un confort émotionnel douillet.

Elle ne doit pas être noyée dans un chaos informatif qui s’installe dès la sommation de trois informations (toujours selon les mêmes expériences du Dr Brinette relative à l’étude du chaos) qui font que le ressenti du patient n’est plus à même de lui faire conscientiser celle qui peut le libérer.

  Que penser alors d’un praticien de thérapie mécaniste qui multiplie les gestes pour justifier le prix demandé en remplissant le temps, ou pour avoir l’impression d’avoir « tout passé en revue », que faut-il penser d’un prescripteur hystérique de médicaments à des patients naïvement ravis d’avoir beaucoup de pilules et cachets en  remparts à la maladie, que penser de thérapeutes qui posent mille questions lors de séances ou veulent absolument faire accoucher leurs patients d’une diarrhée verbale pour « libérer la parole » ?

  Tout cela est le signe d’un défaut de présence dans les soinsde patients qui du coup s’accrochent au temps qu’on leur consacre, ultime espoir que l’usure érode les murs de leur tour d’ivoire.

  Mais ceux qui sont présents aux soins sentent bien le moment où la clef de voûte de leur prison est ébranlée. Et peut leur chaut quand le mouvement libère les souffrances qui affectaient leur fonctionnement, qu’on les noie dans le fatras de débris qui en faisaient les murs.

  Dans le cas de l’étiomédecine puisque c’est notre propos privilégié (mais aucune raison qu’il en soit autrement dans d’autres paradigmes puisqu’il s’agit toujours de lois d’énergie), un soin potentiellement efficient doit quand même respecter le temps qu’il faut au patient pour ressentir la libération que permet l’information juste au moment juste : c’est en partie la synchronicité que j’ai développée par ailleurs et qui fait entre autres facteurs l’originalité d’une étiomédecine pertinente.

  Mais pour toutes les raisons que nous venons de développer (et d’autres), un soin qui excède une vingtaine de minutes exprime soit un défaut de présence, une résistance physique ou psychoaffective, ou encore un déni du patient, soit un praticien encore en délicatesse avec son outil… mais tout le monde a le droit au temps qui lui est nécessaire (il faut juste avoir l’humilité de le reconnaître pour avancer et ne pas dans un déni personnel d’orgueil incompatible avec l’outil lui-même, prétendre l’exercer en l’adaptant à ses limites voire comme je l’ai lu récemment, prétendre l’avoir dépassée pour n’avoir en fait su s’en approcher à moins de quelques années lumière.)

  Alors non, ce n’est pas parce qu’on paye, exploite le maximum de temps de consultation eu égard au prix de la séance voire gratte un peu de rab (« Au prix de la séance, il n’allait pas se débarrasser de moi au bout de dix minutes, non mais des fois »), ni qu’on y passe plus de temps qu’un acte thérapeutique est plus efficace.

Et là plus qu’ailleurs et qu’avec SON amant ou SA maîtresse (quoique parfois), plus c’est long, plus… « ça rame. »

  En tout cas, ceux qui sont présents aux soins et ressentent ne se posent jamais la question du temps qu’ils y ont passé dont ils n’ont souvent d’ailleurs pas notion quand le soin est fini.