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Plus j’en fais, plus j’ai de chances

(suite)

  L’autre grand cliché, dont les peurs ont renforcé les racines, consiste à cumuler voire accumuler les démarches séparées pour une même finalité en pensant ainsi augmenter les chances de succès, mettre « toutes les chances de son côté. »

  En médecine par exemple, mais le raisonnement est applicable dans d’autres contextes, un patient pense agir au mieux en associant de lui-même (ou sur les conseils d’amis) à une prescription allopathique un traitement homéopathique et un suivi acupunctural, toutes démarches qui ont leur cohérence individuelle mais la perde dans leur association. Sans compter parfois le recours à un magnétiseur dont on dit le plus grand bien et la prise de remèdes ancestraux qui « s’ils ne s’avèrent pas efficaces ne peuvent pas faire de mal. »

  Que dire des effets d’un choix stratégique pertinent dans le paradigme d’une discipline quand on lui associe un acte complémentaire lui-même cohérent dans sa propre optique mais qui modifie les paramètres initiaux qui ont déterminé le premier choix ?

  C’est là que nos théoriciens du chaos et les expériences du Dr Brinette citées dans l’article précédent (N22 7 « Plus c’est long moins c’est bon ») nous expliquent et prouvent que si l’addition de deux informations en mouvement, soit deux fréquences, peuvent tout à fait apporter une réponse plus complexe mais d’une périodicité malgré tout définie avec donc une action cohérente dans le temps, l’apport d’une troisième information et donc troisième fréquence, rend l’ensemble chaotique, c’est-à-dire parfaitement (si je puis dire) imprévisible dans ses effets au plus court terme, et absolument impossible la connaissance de l’état ou la position d’un système soumis à l’influence de ces trois facteurs simultanément, au temps t + ε, quelque soit la valeur de ε, fût-ce la nanoseconde suivante, le système étant en l’occurrence le patient.

  Ne parlons même pas de l’apport d’informations  volontairement fausses (vraies fake news) que sont les leurres censés « jouer »  un rôle physiologique ou simuler une fonction pour créer l’illusion de résultats, virtuels pour la cellule qui pourtant doit se comporter comme s’ils étaient réels tout en ne les reconnaissant pas ; elles sont déjà de nature chaogène… et l’entropie pour la cellule est potentiellement la cancérisation ou la folie pour l’esprit. Ce que démontrent de plus en plus d’études récentes… même si le Dr Brinette l’affirmait il y a trente ans (mais il vrai que pour les scientistes, ne sont réelles les choses qu’à partir du jour où elles sont démontrées) en évoquant déjà l’aspartame à titre d’exemple.

  Certaines de ces fake news (qu’aiment dénoncer pour protéger tous ces gens qui ne disent que la vérité) sont chimiques comme l’aspartame ou des édulcorants, parfois des médicaments mal administrés mais bien sûr le mensonge, le mutisme parfois et le Paraître peuvent être considérées comme telles.

  Mais revenons à nos moutons.

  Compte tenu de cela on peut considérer qu’il est peut-être contreproductif d’associer en même temps plusieurs démarches, en tout cas au-delà de deux, pour l’obtention d’un résultat. On peut un temps taire ses angoisses par l’idée d’avoir fait tout ce qui dépendait de soi mais l’effet de chacun de ces choix intervenant dans l’ignorance d’une action initiée par ailleurs, devient complètement aléatoire et potentiellement chaotique.

  Il serait plus opportun et surtout moins chaogène d’expérimenter une voie pour en tester une autre en cas d’échec de la première.

  Pour ce qui nous concerne, on a souvent vu des traitements en étiomédecine permettre de diminuer des posologies médicamenteuses et ce dans n’importe quel type de pathologies (que je nommerai pas ; rappelons-nous que nous soignons non des maladies mais des individus plus ou moins réceptifs) parfois très lourdes.

  Il est beaucoup plus rare d’observer des évolutions chez des personnes qui multiplient des démarches par peur, croyance ou attente d’une solution provenue du dehors et perdues au milieu d’un chaos informatif où les informations incidentes n’ont pas les mêmes effets voire des effets contrariés dans un autre paradigme.

  On peut même considérer que le maintien ou l’ajout d’un adjuvant voire d’un traitement correcteur à un problème, en considérant qu’il est là pour maintenir un équilibre chez un patient compte tenu de son problème… annule l’action d’un soin en étiomédecine qui n’a alors pas la possibilité de secouer cette morbide stabilité pour initier une nouvelle dynamique.

  Il ne s’agit pas d’une antinomie philosophique, juste le fait que l’étiomédecine intervient sur un état… énergétique, donc en mouvement et qu’elle ne peut qu’être contrariée par des actions visant à camoufler l’état ou à inhiber toute dynamique de cet état, l’inertie fût-il pour la préservation d’un équilibre pouvant être considéré à terme comme une morbidité.

  Un soin en étiomédecine peut en faisant lâcher de gros déséquilibres de chaînes musculaires amener à une correction orthopédique mais cette non correction maintiendrait le patient dans l’équilibre initial et annulerait l’effet de la séance.

  Un soin d’étiomédecine peut faire lâcher les angoisses d’un patient et l’amener à peut-être pouvoir se passer complètement d’anxiolytiques mais la prise d’anxiolytiques peut masquer l’état et empêcher l’accession à ces angoisses, condamnant le patient à y rester ad vitam aeternam. De même la poursuite de la prise de ces médicaments malgré l’évidence d’un effet du soin en annulerait les effets, voire serait un déni d’implication du patient dans la réussite thérapeutique au présent… ou plus, car le ressenti de l‘échec renforce l’inscription de l’échec dans l’avenir, sauf déprogrammation de cette information qui passe par… l’implication du patient : cercle vicieux.

  On peut écrire plusieurs tomes  d’exemples de ce type mais encore une fois, on soigne l’individu et ce qui fait en lui sa maladie, non les maladies. Une litanie d’exemples positifs expliquant que l’étiomédecine peut tout, n’a aucun sens. Même si elle peut beaucoup… pour certains. Et il n’y a pas lieu d’opposer des paradigmes qui tous ont succès et échecs pour des raisons qui leurs sont propres.

  L’implication affective, c’est-à-dire la vraie conscience cellulaire, ressentie, le non déni sont parmi les conditions d’accès d’un patient à l’étiomédecine et ses bénéfices… et en signent donc les limites.

  Mais il ne faut pas au risque de fausser les ressentis des informations que révèlent un soin d’étiomédecine, et donc les prises de conscience, qu’il soit perverti par quelque chose qui en altère ou modifie la perception : exhausteurs de goût, « aspartames » divers et variés, informations surajoutées pour modifier ou masquer l’état, qui peuvent provenir aussi bien de médicaments que de drogues, de croyances etc., surinformation pour noyer l’information importante que le ressenti n’est plus à même d’extraire du lot pour en faire la prise de conscience libératrice.

  Au risque de ne plus savoir « à quel saint se vouer », il ne sert à rien et peut même être considéré comme « floutogène », le fait de vouloir jouer sur tous les tableaux en même temps où le ressenti et la conscience ne peuvent plus identifier (prise de conscience) l’information nécessaire au milieu d’une surinformation :

  Il ne sert à rien de consulter de concert son médecin, son homéopathe, son acupuncteur, son psy, son chamane, son médecin paracelsien, son astrologue, son praticien en PNL, celui d’étio, son coach mental, celui du physique, son ostéo, le fluidique et celui du crâne (sic), son podologue, son faciathérapeute, son diététicien, sans oublier les habituels conseilleurs, les hypochondriaques connus qui ont les « 06 » de tous les professeurs de médecine, ni tous les people et acteurs qui depuis qu’ils « s’immergent » pour interpréter des rôles sont tous, dans leurs interviews, des psys et sociologues de haut vol.

  La vie et la santé de chacun ne dépendent pas, à un instant t, de toutes ces personnes réunies, ni même de celle qu’on ne connaît pas encore mais existe quelque part et détient peut-être la réponse à notre peur métaphysique.

  Il est plus probable que ceux qui ne peuvent s’empêcher cette « addictivité » pluridisciplinaire soignent plus leurs peurs que leur maladie (pour peu qu’elles soient dissociées) mais avec moins de chances d’y parvenir pour les effets qu’elles provoquent, que d’en faire des champions de l’hypochondrie.  

  Pratique-t-on tous les sports en même temps pour être sûr de retirer les bienfaits spécifiques de chacun ?

  Il est sans doute plus pertinent de raison garder et rester cohérent pour ne pas s’éparpiller et se noyer dans des actions multiples et simultanées dont les effets risquent de perdre dans un big bang informatif continu.

 Là comme partout ailleurs, il est souvent plus clair, moins fouillis et plus productif de s’impliquer dans un choix qui lui de toutes façons n’est pas figé dans le temps, plutôt que se disperser et s’écarteler entre des actions simultanées qui, si elles ont le même but, n’en n’ont pas pourtant des comportements synergiques et obéissent parfois même à des dynamiques contradictoires.