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Un monde de paix?

  J’écoutais hier encore une émission racoleuse à souhait (en même temps, c’est le but) dont l’objectif était de trouver dans ce ciel plutôt gris qu’est le monde d’aujourd’hui, ces nuances de bleu et de rose qu’arborent parfois ces soleils couchants devant lesquels on s’extasie.

  Notez bien que le monde d’hier fut en son temps pour nombre de révoltés d’alors, leur monde d’aujourd’hui et que le monde de demain sera d’aujourd’hui aux contestataires futurs.

  Reste que ce genre de thème fait un tabac, la plupart n’en pouvant plus mais regardant quand même avec l’idée d’aller se coucher avec une note d’espoir… pour peu que tous soient comme eux! Bien évidemment.

  Pardon ? Ah oui je regarde aussi. Mais moins pour y croire que par souci professionnel d’écouter des vendeurs de chimères.

  Car que penser d’une telle émission où le propos est de prédire le chaos en minant le moral des spectateurs pendant une heure pour leur vendre en quelques minutes à la fin LA solution que chacun prétend avoir si bien sûr, on vote pour lui ou lui obéit en tout afin qu’un jour, tous puissent vivre… ensemble et en paix. Aucun de ces mythos (quoique) n’y croit mais c’est ainsi qu’ils gagnent leur vie.

  Un peu comme si on prétendait ne pas avoir pour tout le monde un remède à une maladie qu’on n’a pas, et qu’au dernier moment, la peur ayant fait son œuvre, on déclare qu’il y en aura peut-être juste assez pour déclencher une ruée hystérique ; n’est-ce pas ainsi que se sont enrichis à certaines époques des marchands de sucre, ou d’armes ?

   Mais tout théoricien du chaos vous dira que la solution n’est pas dans la gestion du chaos mais dans le chaos lui-même ; ça aussi, c’est de la science… avec sa marge d’incertitude… assumée, elle.

   Un coup d’œil sur les intervenants :

  Une personnalité politique dont il faut reconnaître qu’elle n’est après tout, que comme la souhaitent ses supporters pour lutter contre ceux d’en face, ce qui n’est bien sûr aucunement un sujet d’affrontement entre des gens qui ne s’abaissent jamais à de basses manœuvres, la cuisine et les casseroles étant toujours chez l’adversaire.

  Sont présents un ou deux économistes de préférence contradictoires pour confronter des stratégies qui ne sont absolument pas les germes de rivalités ou guerres commerciales ou économiques.

   Un philosophe et un sociologue témoignent à leur tour du rapport des sociétés à la peur, la mort, aux autres et à elles-mêmes, comme si le quotidien n’apportait pas chaque jour son lot de réponses depuis le premier homme et que tous ceux qui ont su en tirer les conséquences à leur profit ne se fichaient pas complètement de la vertu et de l’évolution du monde à long terme : Carpe diem  comme disent avec facilité ceux qui n’auront pas à assumer les conséquences de leurs actes.

  Après tout et comme je dis parfois comme une provocation, l’Homme a-t-il à être bon ?

  Et n’est-ce pas juste un romantisme qu’essaient de lui vendre les marchands de rêve qui s’enrichissent en se partageant le marché ?

  Ne manque plus à ce genre de réunion le désormais incontournable médecin, psychiatre voire si possible le médecin philosophe (histoire de niquer l’autre) qui fait figure de génie d’une pensée sociétale uniciste lors qu’il n’est généralement que désespérément allopathe… là aussi.

  Je lisais ce matin de novembre 2020 un article de la presse outre-Atlantique où l’un d’entre ces derniers, français, se posait pompeusement en « sachant » et invitait à réfléchir sur les notions de liberté et de responsabilité individuelle et collective que pour ma part je n’ignore plus depuis l’âge de 6 ans, mais passons. Ce qui me gênait n’était pas le discours qu’on a le droit de tenir mais que le plaçant dans le contexte de la pandémie actuelle, il était l’occasion de dénoncer l’irresponsabilité de ceux qui « résistent » aux injonctions des autorités politiques et pour une partie, sanitaires. Jusqu’à citer Sartre dont je ne suis pas certain qu’il aurait adhéré à cette application de ses propos.

  Ce n’est plus de la philosophie, mais de l’escroquerie intellectuelle à des fins de manipulation mentale!

  Quels sont les conflits d’intérêts de ces auteur de lapalissade et interviewer qui feignent d’ignorer que les réticences de la plupart de ceux qui protestent face aux incohérences de gestion de cette crise, ne sont pas un manque de civisme mais un questionnement sur le tri dans la vérité qu’on leur dit?

  En dehors mais aussi aux travers de l’information.

 Croient-ils que tant de gens sont débiles à ce point qu’il y en ait autant qui ne se posent pas la question tous les jours ?

  En tout cas autant qui, sachant voir et penser, même sans instruction, sont forcément moins intelligents qu’eux ? Ça, je n’y crois pas.

  Mais tout ce panel n’est-il pas qu’un reflet de société ?

 Ben oui et y a pas besoin de se la péter devant une caméra ou de pondre un article ou un bouquin rempli d’évidences et de citations pour savoir que la nature est fractale… ou que « tout est dans tout », ce qui revient au même.

   Car si beaucoup s’affichent, prêchant la main sur le cœur et des trémolos dans la voix, un monde où tous vivraient ensemble, dans l’amour et la paix… combien en veulent vraiment ?

    Allez, un petit quiz comme dans les revues de psycho machins hebdomadaires :

  • Laisseriez-vous chacun faire ses prises de conscience au gré de ses expériences, et donc à son rythme ?
  • Laisseriez-vous chacun penser ce qu’il veut sans chercher à le convaincre que vous avez raison ou le convertir ?
  • Même si c’est un proche ?
  • Encore plus si c’est un proche?
  • Refuseriez-vous un passe-droit dont un autre souffrirait des conséquences ?
  • Seriez-vous prêt à vivre de votre activité sans recours à une pub qui ne serait là que pour créer des besoins que les gens n’ont pas, ou des addictions ?
  •  Vous engageriez-vous à ne jamais forcer une vente ?
  •  Diriez-vous les inconvénients autant que les avantages de ce que vous avez à vendre ?
  • Accepteriez-vous de ne pas mentir pour un profit qui serait préjudiciable à quelqu’un ?
  • Seriez-vous prêt à ne pas séduire, donc à ne pas manipuler l’affectif de l’autre, pour arriver à vos fins ?
  • Refuseriez-vous d’aller tuer des qui pas plus que vous n’auraient choisi d’être là, au nom d’une guerre motivée par des luttes de pouvoir.

  Bon, vous avez compris le principe d’un questionnaire qu’on peut étaler sur des centaines de pages.

  MAIS! Un seul « non » répondu quelque part, et il faut arrêter de (se) raconter des histoires quant à son désir d’un monde de paix et d’amour.

  Oui, j’exagère, c’est de l’utopie etc.

   Ben oui, mais ce n’est pas moi qui ai dit qu’il fallait un monde où tous puissent vivre ensemble dans la paix… tout en vendant des armes, des produits dont l’obsolescence est programmée, des produits sur lesquels on essaie de baisser les coûts et augmenter les marges, en abêtissant les peuples pour qu’ils ne pensent plus mais consomment, en suscitant la peur puis en y « offrant » les remèdes… et j’en passe.

  L’Homme n’est pas bon ; il Est.

  Est-il honnête de s’offusquer de la mort de gens dans la rue quand on est responsable d’un tas de victimes d’une guerre économique que certes, on n’a pas à affronter les yeux dans les yeux ?

  Est-il sincère de se dire contre la peine de mort comme tout citoyen « moderne et civilisé bien pensant » quand on a sur la conscience les conséquences humaines de certains de nos comportements de consommation dont l’esclavagisme infantile n’est pas le moindre?

   La loi ou les convenances sont-elles des prétextes à la lâcheté, qu’elles couvrent plus souvent que nécessaire? Certains bandits ont un code d’honneur qui les rend moins méprisables que tellement de moralistes qui ne le sont que par peur de s’ériger.

   Vendre de l’illusion, du spectacle, de la magie, des émotions et du romantisme sous prétexte « d’apporter un peu de bonheur aux gens », reste… vendre! et donc rapporte aux « altruistes démagos » qui n’ont de cesse de figer devant leurs écrans ou ondes radio le plus d’heures possible chaque jour leurs si « chers » spectateurs et auditeurs, d’en juguler l’esprit critique, le discernement et augmenter l’obéissance et la soumission en même temps que leurs profits.

  Ils sont les serpents hypnotiseurs de ce livre d’une jungle qu’ils montrent du doigt pour qu’on ne les voie pas.

  L’Homme n’est pas bon. Il est.

   Et donc, tout à la fois. Et il choisit. Et beaucoup aussi ont choisi de s’en fiche et de ne vivre que pour prendre, profiter, gagner sans état d’âme.

  Et s’en délectent.

  Et pas seulement pour compenser quelque chose comme disent les psys à deux balles, mais parce que cette dualité est inhérente à la création avant même qu’elle soit un épiphénomène de la conscience, paraît-il propre de l’Homme pour son bien et pour le vice qu’il est peut-être le seul règne à cultiver « gratuitement. »

  Et  le pouvoir, qui n’est pas vertueux (la vertu ne veut pas du pouvoir) en sait tous les arcanes, qui invoque l’irresponsabilité, l’inculture et le complotisme dès qu’il est contredit.

  Mais la vraie irresponsabilité n’est-elle pas de feindre de croire en un monde d’amour et d’attendre que les choses s’arrangent « d’elles-mêmes » par « confiance en la Vie et au Divin » comment disent les angélistes qui assimilent leur non implication chronique comme une maturité spirituelle tellement au-delà d’un émotionnel suranné ?

  N’est-elle pas dans la naïveté de ceux qui ne parlent de culture… que celle qui les a formatés et conditionnés ?

  N’est-elle pas beaucoup dans ceux qui par léchage de bottes ou intérêt, ne parlent que d’inculture et de bêtise de l’insoumission… pour ne finalement parler que d’eux et montrer comme ils sont de bons soldats… dans le camp des plus forts contre les conspirateurs.

  L’un de ces derniers, récent « témoin » radiophonique, pour qui tous les gens qui se posent des questions étaient forcément plus cons que lui, montrerait  probablement autant de virulence à défendre une thèse contraire si le pouvoir changeait de camp.

 Je les « vois » bien, lui ou ce journaliste exprimant  tout aussi récemment sa stratégie pour « forcer subtilement » le peuple à plier devant l’obligation de se faire vacciner, incarner avec beaucoup de naturel le Adolfo Ramirez, type même du collabo qu’incarnait l’acteur Gérard Jugnot avec talent, lui, dans le film « Papy fait de la résistance. »

  Eussiez-vous répondu « oui » à toutes les questions possibles de notre quiz, qu’il eût fallu que tous les autres habitants de la planète fissent de même pour espérer un monde d’amour. Un pacte de non agression tout au plus, peut-être, au mieux ;  mais d’ici là…

  Ce qui n’exclut pas qu’il puisse être une mission de l’Homme de créer cet amour dont Il a plein la bouche, qu’Il fantasme et balbutie depuis qu’il Est.

Mais même ça dans la bouche de certains sonne parfois faux, quand ce n’est chez les plus faibles qu’une stratégie pour ne pas avoir à souffrir des plus forts.

Aspirer à un monde de paix n’est pas interdit bien sûr.

Mais pour y tendre sans désespérer  de ne le voir jamais abouti, il faut la lucidité du stoïque et ne pas chercher d’absolu.