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« Un thérapeute n’est pas quelqu’un qui soigne,

Mais quelqu’un qui se fait soigner. » (Dr J-L Brinette, créateur de l’étiomédecine)

  Parce que le thérapeute apporte sa Présence à un patient qui s’appuie dessus pour lâcher sa souffrance ou la mémoire affective ou organique de ses souffrances afin de retrouver la plus grande neutralité possible quant aux conditionnements, croyances, certitudes qui dans son fonctionnement, aliènent sa liberté.

  Encore faut-il que ledit thérapeute en étiomédecine, ou en quoi que ce soit, ait donc pour lui-même fait ce travail, conscientisé ce qu’étaient ses propres croyances, conditionnements et certitudes, puis surtout en ait tiré les conclusions et muté son propre fonctionnement à partir de libertés retrouvées quant à chacun d’entre eux.

Car qui croit ne croît pas.

  On attend, voire pour certains exige, des patients qu’ils fassent des prises de conscience parfois difficiles mais beaucoup de thérapeutes préfèrent juger l’incapacité des patients dans l’échec à « bouger » plutôt qu’admettre les insuffisances de leur présence. Mais on ne propose pas ce qu’on veut ou veut paraître mais ce qu’on est et donc ce qu’on n’est pas.

L’énergie ne véhicule pas l’illusion.

  Il est paradoxal de voir se former en thérapies diverses et variées des gens à la recherche de techniques ou recettes pour ne pas se les appliquer, sans chercher le bénéfice pour eux-mêmes qu’ils pourraient en tirer, les mutations qui les feraient avancer, eux qui prétendent faire avancer les autres.

  Faire avancer ou évoluer leurs patients, disent-ils parfois pompeusement, en ne s’interrogeant pas sur ce qu’est leur propre évolution, consiste pour eux à libérer des patients de leurs souffrances, croyances et certitudes… pour les substituer par leurs propres dogmes.

 Car c’est bien connu :

Pour chacun, les croyances, ce sont les certitudes des autres qu’il  ne partage pas.

  Au point que beaucoup qui se lancent dans des études d’aide à la personne ou d’accompagnement thérapeutique le font, forts de la conviction d’être des êtres déjà « finis » puisque dans une intention altruiste et parce qu’ils se sont parfois posés quelques questions existentielles ; ils viennent chercher des « techniques » dont eux estiment n’avoir pas besoin à titre personnel, ayant déjà « travaillé sur eux. »

  Mais combien d’entre eux se sont posé ces questions à l’aune d’une légitimité incertaine à laquelle le soin aux autres devient un palliatif qui les soigne eux plus que leurs patients, qui leur fait se sentir bien de se donner l’illusion d’aider les autres à s’ancrer dans la vie alors que souvent ils ne savent décider pour eux-mêmes. Combien de faux gentils parmi ces derniers en voit-on dire ne penser qu’aux autres d’abord alors que plus ils le disent, plus il est évident qu’ils ne pensent qu’à l’image qu’ils veulent donner dans leur quête de reconnaissance.

  Pour eux, soigner les autres, c’est les rallier aux vérités qu’ils croient avoir conclues de leurs expériences, c’est extrapoler à tous les déductions qu’ils ont faites pour eux des évènements de leur vie, sans se poser la question de ce qu’ils ont compris de travers.

  Au point que lorsqu’une formation chahute leurs pensée (certains préfèrent dire « valeurs » pensant se couvrir ainsi d’une orgueilleuse armure de dignité offensée autant qu’irréfléchie qui n’est que déni, voire y trouver un alibi à l’échec plutôt qu’une bonne raison de se reconsidérer), ils préfèrent abdiquer ou dévier l’outil en le conformant à leurs limites ou leur inertie, se faisant une excuse que l’outil n’est pas à la hauteur de leur attente alors que clairement, c’est l’outil qui est au-delà de leur potentiel de mouvement.

  Alors qu’il serait si facile de ravaler orgueil et fatuité pour reconsidérer son regard sur ce que révèle un soin et résoudre presque instantanément une question, d’aucuns ne gardent que ce qui les arrange à l’exclusion de ce qui suggère une remise en question pour créer une déviance de l’outil initial et d’en devenir parfois même un gourou.

 Mais l’étiomédecine est un traitement des libertés (les autres propositions je ne sais pas) souvent au travers des peurs, et consiste donc à ce que les patients soient libérés des croyances, dogmes, conditionnements qui entravent leur fonctionnement, à ce que soient lâchées les peurs de les transgresser dans la meilleure possible des neutralités, en toute sérénité.

  Un traitement ne consiste pas à changer les croyances, dogmes, conditionnements et certitudes des patients pour leur imposer celles du thérapeute, mais :

À ce qu’il n’y en ait plus!

Afin qu’ils récupèrent voire acquièrent une liberté nouvelle de ressentir par eux-mêmes et expérimentent chaque nouvel événement de leur existence autrement que par le prisme de ceux qui estiment savoir pour eux.

  C’est du moins ce qu’on devrait espérer pour les patients, pour qu’ils se libèrent même de leurs soignants et non se laissent entrainer dans des dépendances au long cours qui sont des simulacres thérapeutiques.

 Or, que constate-t-on trop souvent ?

  Des aspirants thérapeutes qui même dans la pratique nécessaire qu’exigent leurs formations et mis à cette occasion au pied de leur propre mur de croyances, dogmes ou certitudes dans ce qu’il génère chez eux de mal-être, acquiescent parfois… sans toutefois accepter la moindre remise en question, le plus petit réexamen, le plus infime changement de regard ou la plus subtile mutation de leur attitude dans la gestion dont ils vivent pourtant les conséquences, tout aliénés qu’ils sont à des absolus philosophiques qui font loi à partir de raccourcis conceptuels et intellectuels, voire parfois de simples clichés à la mode, bienpensants ou angélistes.

Mais un cliché ou un raccourci répétés des millions de fois deviennent un absolu.

  Même devant l’évidence d’effet thérapeutique mis en lumière par des informations les concernant lors de soins, certains s’obstinent à ne rien changer des habitudes qui sont leurs propres freins d’évolution, à ne se laisser imprégner de rien qui bouscule leur pensée dogmatique, ne serait-ce que pour laisser un peu de contradiction venir les interroger.

Et ceux-là voudraient soigner autrui,

Qui refusent de se soigner eux-mêmes.

  J’ai le souvenir de tellement de soins en formation ou en cabinet au cours desquels une information révélée libérait la personne traitée… qui pourtant et malgré cette évidence, et tout en l’admettant, refusait de reconsidérer son comportement :

Car une erreur des milliers de fois répétée devient une vérité.

Et qu’il paraît sur le moment plus facile de continuer avec une vérité, fût-elle une erreur, que de s’affranchir d’une erreur pour traverser le néant qui amènera à une vérité. Et je reconnais bien volontiers qu’il est difficile d’accepter qu’on a erré parfois longtemps, angoissant de reconsidérer des ancrages forts ou anciens en éliminant des filtres jusque là structurants.

  Mais nos certitudes sont aussi des croyances pour d’autres qui ne sont pas moins éclairés.

  Traiter quelqu’un, c’est lui donner l’information issue du soin qui lui permettra de s’autoriser à reconsidérer librement ce qui fut jusque là un conditionnement, libre à lui de le faire ou non.

  Un thérapeute lui est censé avoir la maturité de l’avoir fait à chaque fois qu’il a été en position de le faire, car c’est sa liberté qui sert d’appui au patient qui vient le consulter ; et non sa dépendance à telle ou telle pensée philosophique à la mode ou tel ou tel « conseil » de quelconque autorité morale, médicale, politique, religieuse ou autre ; celui qui demande de l’aide vient justement pour en sortir… et se trouver.

  Alors, j’en aperçois un ou deux qui rigolent parce qu’il les a arrangé de croire dans leur déni, qu’évoquer leurs vérités en tant que certitudes et croyances était irrespectueux de ce qu’ils sont. Mais c’est n’avoir pas voulu comprendre qu’il s’agit exactement du contraire et que la finalité du soin était de les confronter à des formatages qu’ils prenaient jusque là pour ce qui les définissait. Le but étant non qu’ils les rejettent mais qu’ils repensent au travers d’une sensibilité neutre quand ils ne faisaient jusque là qu’adhérer à une pensée de quelqu’un d’autre, qui leur plaisait.

   Trop de thérapeutes, censés avoir un recul et une vision distanciée des conditionnements, manipulations mentales, sociales, économiques, médiatiques ou politiques qui font les « clients » idéaux de tout marchand ou quêteur, sont à cet égard bien moins adultes et lucides que nombre de patients qu’ils prétendent aider.

  On n’apprend pas à devenir jardinier ou maçon en restant assis à lire des livres sur ces sujets ; il faut mettre les mains dans la terre ou le ciment, planter et monter, échouer pour apprendre puis réussir enfin.

  Il en est de même en étiomédecine où chaque soin est un acte créatif qui ne répond pas à l’application de protocoles ou « conduites à tenir » appris en cours magistral.

  Comment quelqu’un qui à la première difficulté, n’a pas la persévérance et la pugnacité nécessaires pour aller se chercher au-delà de ses barrières, pourrait-il « aider » quelqu’un d’autre ? (Ce qui ne l’empêche pas d’apporter  à plein de gens de par ses talents autres… et n’est-ce pas aussi très bien ?)

  Il faut s’y baigner, s’en imprégner, s’y investir autrement que par le prix de stages (de surcroît payés par des subventions publiques). Il ne s’agit de ces formations, fussent-elles « certifiantes » où il suffit d’être là pour avoir un diplôme à la fin. Celle-là ne l’est pas mais exige une Présence à temps plein où le seul examen final est les mutations qu’on a su faire pour soi.  Ce n’est pas une technique qu’on applique pendant les heures ouvrables et qu’on laisse à la porte en rentrant du boulot car elle devient une façon d’être.

  Oh il n’est pas question de morale ou d’entrer en religion. C’est accepter de faire pour soi ce travail qu’on espère utile aux autres parce que l’appui qu’on propose aux patients pour qu’ils se « réparent affectivement » n’est pas ce qu’on dit mais ce qu’on est et qu’à ce titre la neutralité promise pour qu’ils soulagent sans jugement leurs souffrances suppose qu’elle soit acquise pour le thérapeute.

  Bien sûr il ne s’agit pas d’être parfait mais en tout cas d’accepter d’être perfectible en ne faisant pas le déni de ce qui est encore à transformer.

   Comment quelqu’un qui sciemment, ment, triche, vole, manipule, dissimule, affecte, paraît, travestit, acte pour plaire, par orgueil ou intérêt, ne pense pas ce qu’il dit, dit ce qu’il ne pense pas, ne fait pas ce qu’il dit, fait ce qu’il ne pense pas  etc. peut-il être un pilier sur lequel un patient, qui a un instinct aussi, s’appuie en toute confiance ?

  Le thérapeute doit être un penseur libre (à défaut d’un libre penseur qui souffre d’une définition péjorative) et doit aider un patient à acquérir sa propre liberté de penser, y compris par rapport à celle du soignant.

  Comment faire ?

  C’est simple et nous l’avons dit :

N’avoir aucune vérité, c‘est n’avoir aucune certitude, aucune croyance.

Et ça croyez-moi (ou pas), c’est une sacrée liberté.