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Voeux Miroir

  En ces temps, mais comme d’hab finalement, où s’opposent de façon prétendument philosophique mais si pauvrement binaire, les tenants d’une liberté à tout prix et ceux de la responsabilité collective, il faut rappeler qu’en tout existe une dualité qui rend toute forme d’absolu, primaire intellectuellement mais surtout énergétiquement aliénante, comme tout paradoxe dont on essaie de supprimer la nature duale, alors qu’elle est une loi nécessaire au mouvement et à l’évolution.

  Mais supprimer la dualité nécessaire qui permet la contradiction et la création n’aboutit qu’à opposer dans l’antagonisme et le conflit, des croyances, certitudes et dogmes dont on a fait des postulats par recherche d’une facilité à laquelle la vie ne peut être réduite et qui par conséquent reste une chimère pour ceux qui sont toujours en guerre en cherchant à se simplifier l’existence.

  La responsabilité collective bien sûr est pour les moutons l’alibi de la flemme ou de la peur d’être, pour les bergers le prétexte ou les chiens qui permettent de tenir les moutons.

  Mais elle est aussi l’expression de cette dualité qui fait la contradiction chez les gens de bonne volonté et l’antagonisme chez ceux qui ne veulent pas bouger.

  La liberté, elle, s’enrichit d’un degré récupéré à chaque prise de conscience que l’on fait, comme une bulle qui enfle à l’aune d’un champ de conscience qui grandit ou d’un pâturage qui s’accroît, parmi d’autres prairies et d’autres troupeaux et qui ne gagnerait pas l’espace dont il priverait les autres, tant il lui manque déjà de conscience pour remplir son espace.

  Dire non a priori à ce qui est ou pourrait être, est un espace qu’on s’interdit d’explorer dans sa dualité avant même de choisir d’y adhérer et l’occuper, ou de l’ignorer. C’est un degré entamé sur son espace de mouvement, son espace de liberté, c’est raccourcir l’envergure de ses ailes avant de s’envoler.

  Dire non  à tout, fût-ce pour la défense de libertés, c’est s’interdire toutes les directions possibles pour se déplacer, c’est se condamner à l’inertie pour ne subir aucune contrainte ou paramètre qu’il faille intégrer dans sa vie avec les autres, comme la pluie ou le vent qu’il faut envisager pour décoller, c’est couper ses ailes en voulant s’envoler malgré tout.

  Celui qui fait de la liberté, relative comme toute autre chose,  un absolu, est le moins libre d’entre tous, qui s’isole en « s’enfermant en dehors. »

  En ces temps où chacun accuse l’autre de n’être pas comme lui et défend à tout prix et à toute force, ce qu’il est, plutôt que de tendre à être ce qu’il défend, il faut souhaiter que le plus possible usent d’un miroir moins pour se maquiller et faire croire qu’ils sont ce qu’ils s’efforcent de paraître, que pour se regarder et nettoyer devant leur porte avant que de songer à celles des autres, pour finalement offrir, d’une charité  bien ordonnée qu’ils se seront d’abord attribuée, en toute humilité et par l’exemple, le plus beau de qu’ils auront su construire pour eux-mêmes et qui aura fait ce qu’ils sont vraiment.

Papillon

Je suis mes réponses spontanées

Et la cohérence de mes actes

Que n’ont dictés nul pacte.

Mon avenir n’est tracé,

Dans l’inertie de l’instant t,

Que si rien de mes erreurs

Ne m’apprend à modifier

Le bruissement de mes ailes,

Et si je chasse de mon réel,

La part d’imprévisible

Qui me fait évoluer,

Mais ne suis pas crédible

Quand mon bruit se ment

De l’écho des arguments

Et figures imposées,

Qui, l’attirant étrangement,

Épinglent le papillon

Sur des murs de prison.