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Au-delà du symptôme : la véritable vocation du soin en étiomédecine

L’étiomédecine est une thérapie du dépouillement. Elle ne cherche pas à fabriquer une « meilleure version de nous même » –terme très à la mode-, mais à retirer tout ce qui a altéré ce que nous sommes, pour pouvoir nous trouver dans note singularité.

J’aime l’analogie avec la radio, elle me semble assez juste pour illustrer que nous émettons continuellement, souvent sans même en avoir conscience.

Chacun diffuse une fréquence invisible : une manière d’habiter le monde, une présence, une tonalité, une couleur. Une vibration intime qui émane naturellement de nous et avec laquelle les autres entrent — ou non — en résonance.

Beaucoup émettent une fréquence brouillée comme sur un transistor mal réglé. Leur émission est parasitée par les peurs, les attentes sociales, la bien pensance, le besoin d’être validé, les rôles, le qu’en dira t’on, le besoin de plaire, le politiquement correct, etc… Plusieurs voix parlent en eux simultanément. Leur signal devient confus, inaudible, même à leurs propres yeux.
À force de vouloir correspondre à ce qui est attendu, ils finissent par altérer leur propre signal, sans parler de ceux qui n’en ont jamais eu. Ils ne savent plus ce qu’ils pensent réellement, ce qu’ils désirent véritablement, ni même qui parle lorsqu’ils émettent une information : eux, ou l’image qu’ils ont appris à fabriquer. 

Et elles s’expriment ces dissonances! Des douleurs, de la fatigue, des angoisses, des mensonges à soi même, un épuisement profond, etc… Le corps finit souvent par manifester tout un tas de symptômes avant même que la conscience ne le réalise. Ainsi chercher uniquement à faire disparaître le symptôme peut revenir à faire taire ce qui tente encore de parler. C’est parfois même le dernier langage quand tout le reste n’a pas été écouté.

Réduire un être humain à ses symptômes est une manière moderne de ne plus le rencontrer.

Un traitements s’attaquant uniquement au symptôme laisse intacte l’évolution qui l’a rendu nécessaire. Il reviendra tôt ou tard, de cette manière ou d’une autre.

De la même manière existent des « radios mainstream » humaines. Leur signal à eux n’est pas brouillé non, mais il est creux. Des êtres calibrés pour plaire au plus grand nombre, lisses, prévisibles et socialement compatibles. Elles ne cherchent plus la vérité, mais l’adhésion.

Elles attirent donc davantage, mais souvent au prix d’une compromission, d’une tricherie ou d’un effacement intérieur. Comme certaines stations commerciales diffusant les mêmes refrains en boucle, des produits créés pour plaire au plus grand nombre, elles proposent une identité fabriquée pour séduire, pour être acceptée: opinions prudentes, personnalité consensuelle, émotions contrôlées, singularité réduite à ce qu’elle peut socialement apporter.
On ne cherche plus à être vrai, mais à être validé. Plus à vibrer, mais à être approuvé ou à tirer parti. Le problème, c’est que ça finit pas ne plus émettre grand chose de vivant. Une fréquence trop travaillée devient artificielle, lisse et superficielle.

À force de poursuivre les mêmes idéaux standardisés, les mêmes réussites et les mêmes vies fantasmées, le monde finit par ressembler à une usine à clones. Nous devenons des êtres de synthèse conditionnés dans le prêt à penser et confortés dans la ouate sécurisante de la pensée commune.

« Toute posture est imposture » Max Bernardeau

Bien souvent, ces mécanismes proviennent de conditionnements anciens liés à l’éducation, aux autorités morales ou religieuses, et enferment progressivement les individus dans la crainte de sortir du cadre établi. L’étio est une alliée formidable pour diluer ces contraintes.

Certaines personnes au contraire possèdent une fréquence claire. Lorsqu’on les rencontre, quelque chose paraît immédiatement cohérent : leurs paroles, leurs actes, leur regard, leurs silences, tout semble  « accordé ». Leur signal passe sans effort et on les « capte » spontanément, non parce qu’elles cherchent à séduire ou à convaincre, mais parce qu’elles sont profondément alignées à elles-mêmes. On sait à quoi s’en tenir!

Elles n’essaient pas d’être aimées : elles sont simplement vraies. Et cette vérité possède une puissance rare. La vie semble alors les reconnaître naturellement, comme l’auditeur qui tombe sur une station claire au milieu du bruit du monde. Ceux qui résonnent avec cette fréquence restent à l’écoute ; les autres passent leur chemin, et même si c’est un peu « niche » ça a le mérite d’être sincère et ça ne se trahit pas.
Une des conséquences directes, c’est que ceux qui nous apprécient le font pour ce que nous sommes réellement, et non pour un personnage construit afin d’obtenir leur approbation. Ceux à qui ça ne plaît pas eux passent leur chemin et c’est très bien ainsi, ça fait le ménage! La vie ne cherche pas des fréquences parfaites, elle reconnaît les fréquences vivantes et réagit à ce qui vibre… Et bizarrement c’est souvent lorsque les êtres s’alignent avec ce qu’ils sont qu’il commence à se passer des choses!

Au final peut-être que grandir ne consiste pas à « devenir quelqu’un » mais à cesser de pourchasser ce qu’on est pas en retirant peu à peu ces couches qui créent la grisaille dans notre émission : les masques, les conditionnements, le vouloir plaire etc… Pour peut être embrasser notre être profond.

Au-delà du symptôme visible donc, l’approche en étiomédecine propose d’écouter ce qui perturbe la fréquence intérieure de la personne. Le soin ne vise pas seulement à faire disparaître un trouble, mais à restaurer une forme d’accord intérieur. C’est la finalité du soin en étiomédecine que d’enlever tout ce qui nous empêche d’être nous. Les degrés de liberté retrouvés permettant petit à petit au patient de s’aligner sur sa fréquence à lui, brute, unique, sans compromis, indomptable.


Pas une fréquence parfaite.
Une fréquence vraie.